Avec dix nouveaux titulaires sur 18 membres dont un nouveau grand argentier et une ancienne chef de la diplomatie réputée pour son franc-parler, M. Noda espère redorer son blason auprès des Nippons déjà lassés, si l’on en croit les sondages, du Parti démocrate du Japon (PDJ) après trois ans de pouvoir. M. Noda, qui a été récemment réélu chef du PDJ (centre-gauche), veut mettre sa majorité en ordre de marche à l’approche d’un scrutin qu’il aborde en position difficile, en partie à cause d’une chute de sa popularité depuis l’annonce d’une hausse de la taxe sur la consommation. Afin d’obtenir l’adoption début août de cette loi controversée, M. Noda a en effet promis au principal mouvement d’opposition de droite, le Parti libéral-démocrate (PLD), qu’il convoquerait des élections législatives anticipées « dans un proche avenir ». La date de ce scrutin n’a pas encore été fixée, mais le PLD a le vent en poupe depuis la récente élection à sa tête du « faucon » Shinzo Abe et devrait redoubler sa pression sur le Premier ministre pour qu’il annonce rapidement un calendrier.
En plein conflit diplomatique avec Pékin autour de la souveraineté sur des îles de mer de Chine orientale, le titulaire des Affaires étrangères, Koichiro Gemba, et celui de la Défense, Satoshi Morimoto, ont conservé leur poste. Mais la nomination de Makiko Tanaka au ministère de l’Éducation a été perçue par la presse nippone comme un geste de bonne volonté à l’égard de Pékin. Réputée pour sa sympathie à l’égard du monde chinois, elle est la fille de Kakuei Tanaka, le Premier ministre japonais qui avait orchestré la normalisation des relations diplomatiques avec la Chine il y a exactement 40 ans.
Parmi les ministères régaliens, seul celui des Finances a été touché par le remaniement. Son titulaire, Jun Azumi, a été remplacé par Koriki Jojima, un député peu connu du grand public et à qui M. Noda ferait confiance pour négocier l’adoption d’une loi budgétaire cruciale avec l’opposition.
(Source : AFP)

