Le député Aoun conférant avec l’ambassadeur d’Iran. Photo Charbel Nakhoul
L’Orient-Le Jour a pris contact avec des habitants de Ersal qui ont confirmé que le jurd de leur village a bel et bien été bombardé hier par l’aviation syrienne. Ils ont en outre indiqué que les convois militaires « non libanais » sont de plus en plus nombreux dans leur région, « notamment en pleine journée ».
Signalons en outre que le régime syrien avait repris ses agressions contre le Liban dès la matinée d’hier : des tirs d’armes lourdes ont été multipliés en direction du village de Macharih el-Qah, dans la Békaa, et un des logements du village appartenant à Mohammad Akil Radi a été dynamité par les forces loyalistes.
Une « même conclusion »
Parmi les réactions politiques à la crise syrienne, on retiendra un énième « Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise syrienne ». C’est ce qu’a affirmé l’ambassadeur d’Iran au Liban, Ghadanfar Rokon Abadi, après avoir rencontré le député Michel Aoun, avec lequel il a abordé tous les sujets d’actualité locale, régionale et internationale. Le diplomate a ajouté que l’Iran souhaite concilier « le respect de la volonté populaire » avec « les réformes que propose le régime. Vingt mois après le début de la crise, nous en sommes à la même conclusion : on ne peut faire échec à la volonté populaire ni avoir recours à des ingérences ou des forces étrangères », a-t-il encore dit.
L’ambassadeur d’Iran a par ailleurs rencontré le chef de l’Église maronite, le patriarche Raï, avec lequel il a eu des entretiens sur les principaux sujets de l’heure. « Nous avons parlé de la visite du pape, a dit le diplomate, et des répercussions positives de ses prises de position sur la stabilité et la paix régionales, en particulier de son appel à l’arrêt de l’effusion de sang en Syrie et de l’approvisionnement des belligérants en armes. »
Risque de dérive
De son côté, recevant un haut responsable du ministère norvégien des Affaires étrangères, le responsable aux relations extérieures du Hezbollah, Ammar Moussaoui, a affirmé que son parti « encourage toutes les parties à s’engager dans un dialogue national » et appelle toutes les puissances étrangères à « cesser d’inciter à la violence ». M. Moussaoui a condamné la transformation de « certains pays » voisins de la Syrie en « bases d’approvisionnement en armes et en combattants ». Enfin, le responsable du Hezbollah a estimé que « la dureté de ton avec laquelle on parle de la crise syrienne est mauvais signe et laisse craindre une dérive vers une confrontation internationale et régionale ». Il a regretté que certaines parties au Liban aient pris fait et cause pour la rébellion syrienne, qu’elles n’hésitent pas à approvisionner en argent et en armes, tout en offrant à ses combattants un abri au Liban.
Plumbly avec Moqdad
Parallèlement, le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, a reçu hier le directeur résident du programme d’aide des Nations unies, Robert Watkins, avec lequel il a discuté du dossier des aides humanitaires indispensables aux Syriens réfugiés au Liban.
À ce sujet, l’émissaire onusien au Liban, Derek Plumbly, s’est rendu à la tête d’une délégation dans la Békaa où il a effectué une tournée le long de la frontière libano-syrienne, notamment auprès des réfugiés. Il a également rencontré de hauts gradés de l’armée à la caserne de Ablah, puis s’est arrêté au domicile du député Ali Moqdad. « Je reste inquiet des répercussions du conflit syrien au Liban via les frontières, et de toute violation de ces lignes, de quelque partie que ce soit », a répété M. Plumbly. Quant au député Moqdad, il a insisté sur sa détermination à « préserver la stabilité du Liban et laisser le peuple syrien décider seul de son sort ».


Il faut arrêter de pleurer sur les EX. Il vaut mieux regarder devant soi quand on marche pour ne pas trébucher. Ce que font les habitants de ce village frontalier nuit surtout au Liban. Apprenons a regarder la poutre dans notre œil...
19 h 03, le 28 septembre 2012