Les journalistes sportifs ne sont pas non plus épargnés par le conflit. Il y a un mois, le jeune journaliste Yamen al-Jaja a été blessé d’une balle à la tête alors qu’il circulait en voiture dans le sud de Damas, théâtre de combats entre l’armée régulière et les rebelles. Il se trouve depuis en soins intensifs. L’arbitre de basket Abdel Razzak Mohammad, grièvement blessé il y a quatre semaines, a été lui amputé des deux pieds.
Les événements ont aussi poussé plus de 50 footballeurs à s’exiler dans les pays voisins, et d’autres attendent leur tour. Ruinés, les clubs se sont résignés à laisser partir leurs meilleurs éléments pour empocher l’indemnité de transfert. Des entraîneurs syriens ont également choisi de partir, gagnant la Jordanie, le Liban, l’Irak et le sultanat d’Oman.
Armée vs police
Les violences ont aussi vidé les stades, dans un pays pourtant grand amateur de football. Pour la saison 2010-2011, la phase retour du championnat de football a été annulée, remplacée par un minitournoi entre les quatre équipes arrivées en tête à l’issue des matches allers. Mais deux équipes ont déclaré forfait et le titre s’est finalement décidé, ironiquement, lors d’un match opposant l’équipe de l’armée à celle de la police et remporté par cette dernière. L’équipe de la police a réussi à défendre son titre lors de la saison suivante. La situation sécuritaire rendant impossible la tenue de matches dans certaines villes et les déplacements lointains hors de la capitale, les 16 équipes de la 1re division ont été réparties en deux poules avec un tour de play-off entre les quatre premiers de chacune.
Les deux clubs de Homs et celui d’Idleb, des villes bastions de la révolte, se sont désistés. La plupart des matches se sont joués dans la capitale devant des centaines, parfois seulement des dizaines, de supporteurs.
Le conflit empêche aussi les athlètes de s’entraîner dans de bonnes conditions, et les piètres résultats réalisés aux Jeux olympiques de Londres par les sportifs syriens, qui n’ont pas réussi à égaler leurs propres records, n’ont pas été une surprise. Le vice-président du Comité olympique syrien, Maher Khayata, qui a reconnu l’« échec des sportifs », a notamment mis en avant « les difficultés surgies lors des entraînements. Les événements en cours ont certainement eu un impact sur le moral de nos athlètes, limitant ainsi leurs capacités ».
Sur le plan politique, des sportifs syriens, habitant pour la plupart à l’extérieur du pays, ont rallié l’opposition. Le plus connu est le footballeur Firas al-Khatib, un pilier de la sélection nationale. C’est également le cas du nageur Anas Mahmoud et du boxeur Nasser al-Chami, médaille de bronze aux JO d’Athènes en 2004 et qui a été blessé par balles à Hama.
(Source : AFP)

