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Lifestyle - Népal

Qui sera le cavalier le plus rapide de l’Himalaya ?

Plus de 15 000 personnes ont afflué des quatre coins du monde pour assister au festival du « Shey Dragon ».

Une cinquantaine de cavaliers richement vêtus, venus de minuscules villages éparpillés dans l’Himalaya, s’élancent au galop sur leurs robustes montures fastueusement ornées. Photo Thehimalayantrail.org

Il y a huit siècles au Népal, moines et membres de clan se réunissaient sur une terre riche en mysticisme pour prier, festoyer et se battre pour le titre de cavalier le plus rapide de l’Himalaya. Ces rites ont repris sous une forme modernisée, mais tout aussi épique. Depuis douze ans, les moines organisent une fête religieuse ayant pour point d’orgue la course hippique la plus haute du monde, une compétition certes pour l’honneur, et non plus pour gagner de nouvelles parcelles de terre comme jadis, mais qui ne manque ni de panache ni de bravoure.
Une cinquantaine de cavaliers, venus de minuscules villages éparpillés dans l’Himalaya, se préparent à cette course périlleuse où leurs chevaux doivent galoper dans le lit rocailleux d’une rivière à 4 300 d’altitude, là où l’air commence sérieusement à se raréfier. Au signal, les hommes en coiffes de soie et manteaux de cuir doublés en fourrure de yack, parés de chaînes en or et d’amulettes animistes folkloriques s’élancent au galop sur leurs robustes montures richement ornées.
Des milliers de moines et dévots bouddhistes ayant marché pendant des jours pour assister à la fête du « Shey Dragon » hurlent pour encourager leurs jockeys favoris en agitant des drapeaux aux couleurs de leurs gourous. Cette brève course de 1,6 km se déroule essentiellement dans une étroite bande de terre, proche du ravin, où les chevaux doivent louvoyer entre les blocs de roche, les fossés et affronter un courant d’eau traîtreusement glacée.
Et les pièges de cette nature hostile ont tôt fait de se refermer. À la moitié de la course, trois d’entre eux perdent leur équilibre, trébuchent sur les pierres avant qu’un carambolage n’élimine cinq nouveaux cavaliers près de la ligne d’arrivée. Après avoir heurté de plein fouet un cheval à terre, l’un des concurrents accomplit une improbable figure acrobatique en sautant dans les airs avant que sa monture ne retombe lourdement dans l’eau gelée, projetant d’immenses gerbes. Le cheval gémit si fort que la foule saisit à l’instant la douleur de l’animal. Au terme de ce parcours rocambolesque, le plus vaillant peut – presque – reprendre son souffle : avec une confortable longueur d’avance, Tenzin Gurung, un paysan de 23 ans originaire de l’ancien royaume secret du Mustang, est sacré vainqueur sur « Tika », un shetland bai clair.

Argent et bouddhisme
Mais les organisateurs considèrent que l’idée de parier de fortes sommes d’argent s’accorde mal avec le bouddhisme ; le prix qu’a remporté Gurung consiste à faire de nouveau galoper Tika dans une prairie parsemée d’une demi-douzaine de billets de 1 000 roupies (environ 14 euros). Le but du jeu : ce que Gurung aura pu ramasser sans ralentir sa course ni tomber de sa monture est à lui. Après avoir tourné dans la prairie, l’heureux vainqueur a ramassé 3 000 roupies, une somme suffisante au Népal pour payer l’éducation d’un enfant pendant un an. « Je me sens bien, je suis très heureux. J’ai gagné d’autres compétitions au Mustang avec ce même cheval », confie-t-il.
Cette fête est l’un des derniers grands rassemblements claniques de l’Himalaya qui servaient autrefois à déplacer sur le terrain du sport les disputes foncières entre tribus guerrières. Sous la dynastie tibétaine Yarlung, un important flux migratoire se déplaça au VIIIe siècle vers Dolpa, aujourd’hui l’un des districts du Népal, qui fut successivement aux mains de plusieurs royaumes, dont celui de Purang et Guge, au cours des 800 années suivantes. La fête du « Shey Dragon », l’un des événements les plus importants pour les pèlerins bouddhistes, a survécu à tous les changements de régime.
Cette année, 15 000 personnes ont afflué des quatre coins du monde pour assister à cette fête qui se déroule pendant cinq jours, entre août et septembre. « Nous voulions développer notre connaissance de la culture tibétaine et voir comment les gens ici vivent et occupent leur temps », confie une avocate italienne, Enrica Senini, qui a achevé un trek de cinq jours avec d’autres Occidentaux. « Venir à une fête comme celle-ci est une chance unique de le découvrir », estime cette femme de 39 ans.
Outre la course hippique, les participants peuvent assister à des prières, conduites par des lamas, et s’adonner à une marche de huit heures, appelée « kora », autour d’une montagne sacrée dominant le lieu des agapes. Le public peut aussi prendre part à des compétitions de tir à l’arc et se livrer à des danses traditionnelles.
Pour le responsable du comité organisateur, Zhechen Rapjam Rinpoche, l’affluence est un baume au cœur : « Le Népal est l’un des pays les plus pauvres au monde, et Upper Dolpa est la partie la plus pauvre et la plus reculée du pays. C’est donc la fête au monde la plus difficile à atteindre. »
(Source : AFP)
Il y a huit siècles au Népal, moines et membres de clan se réunissaient sur une terre riche en mysticisme pour prier, festoyer et se battre pour le titre de cavalier le plus rapide de l’Himalaya. Ces rites ont repris sous une forme modernisée, mais tout aussi épique. Depuis douze ans, les moines organisent une fête religieuse ayant pour point d’orgue la course hippique la plus haute du monde, une compétition certes pour l’honneur, et non plus pour gagner de nouvelles parcelles de terre comme jadis, mais qui ne manque ni de panache ni de bravoure.Une cinquantaine de cavaliers, venus de minuscules villages éparpillés dans l’Himalaya, se préparent à cette course périlleuse où leurs chevaux doivent galoper dans le lit rocailleux d’une rivière à 4 300 d’altitude, là où l’air commence sérieusement à se...
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