À Alep, un jeune Syrien devant trois corps attendant d’être enterrés. Miguel Medina/AFP
Malgré ce qu’il a qualifié d’« impasse », il a également exprimé l’espoir de « trouver une ouverture dans un avenir pas trop éloigné ». « Je refuse de croire que des gens raisonnables ne comprennent pas qu’on ne peut pas revenir en arrière, qu’on ne peut pas retourner à la Syrie du passé, a-t-il ajouté à l’adresse du régime de Damas. Réformer n’est pas suffisant, ce qu’il faut c’est du changement. »
Le plan Annan
Peu auparavant, le médiateur avait brossé devant le Conseil de sécurité un tableau sombre de la situation en Syrie, faisant notamment état d’une crise alimentaire croissante. Il a aussi rendu compte de sa récente visite en Syrie, au cours de laquelle il a rencontré le président Bachar el-Assad, qui estime à 5 000 le nombre d’étrangers prenant part aux combats dans le pays et qu’il dépeignait de plus en plus la guerre civile comme « une conspiration de l’étranger ».
M. Brahimi a une nouvelle fois déclaré qu’il n’avait pas pour l’instant de « nouveau plan d’action » pour régler la crise syrienne, selon un diplomate, et s’est référé aux propositions en six points de Kofi Annan, son prédécesseur, estimant que le plan Annan « restait la bonne route » à suivre. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a lui aussi déclaré à la presse que le plan Annan demeurait valable « dans sa substance ». « Nous avons un plan, c’est le plan en six points adopté par le Conseil de sécurité », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Allemagne « soutenait le travail de M. Brahimi ». L’Allemagne « va continuer à essayer d’obtenir une prise de position unie de la part du Conseil et le démarrage d’un processus politique » en Syrie, a ajouté M. Westerwelle.
Devant le Conseil, M. Brahimi a également assuré que la torture des prisonniers était devenue « une habitude » et que les Syriens craignaient désormais de se rendre dans les hôpitaux, qui sont aux mains des forces du régime. Toujours selon le médiateur, 1,5 million de personnes ont fui leur foyer et le pays doit faire face à des pénuries de nourriture car les récoltes ont été détruites par les combats entre les rebelles et l’armée régulière. Alors que sur place les combats font rage sans relâche, des diplomates ne se font guère d’illusions sur les chances de M. Brahimi d’avoir davantage de succès que son prédécesseur Kofi Annan. Celui-ci n’était jamais parvenu à obtenir l’application d’un cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties et qui devait s’accompagner d’un dialogue politique. Le gouvernement syrien et l’opposition armée sont engagés dans « une lutte à mort » et M. Brahimi est « en stand-by », en attendant que les deux camps veuillent négocier, résumait récemment un diplomate. Mais « personne ne sait quand il sera appelé », ajoutait-il.
(Source : AFP)

