Le ministre pour le Développement régional Sylvan Shalom a de son côté jugé que « si l’Égypte a commencé à agir contre les terroristes dans le Sinaï, c’est encore insuffisant ». Selon un haut gradé israélien cité par la radio, « les alertes sur des projets d’attentat en provenance du Sinaï ont été plus nombreuses cette dernière année qu’à la frontière avec la bande de Gaza » contrôlée par le Hamas islamiste palestinien.
La dégradation de la situation sécuritaire s’est produite après la chute du président égyptien Hosni Moubarak en février 2011. En conséquence, Israël accélère les travaux pour terminer la construction d’une imposante barrière de sécurité, dotée de systèmes d’alerte électroniques, courant tout au long des 250 km de la frontière. Le chantier devrait être achevé d’ici à la fin 2012.
Mais il y a encore des brèches. Une section de l’ouvrage, longue d’une quinzaine de km, doit être parachevée dans la région d’Eilat, station balnéaire au bord de la mer Rouge, à la pointe sud d’Israël. Vendredi, trois hommes lourdement armés, venus d’Égypte, se sont infiltrés à travers une autre trouée d’environ 20 km dans la région montagneuse de Har Harif, dans le désert israélien du Néguev, tuant un soldat israélien avant d’être abattus. L’attaque a été revendiquée par un groupe jihadiste, Ansar Jérusalem, basé dans le Sinaï. Dans un communiqué, le groupe écrit avoir mené « une opération disciplinaire contre ceux qui ont osé s’en prendre au Prophète », en référence au film Innocence of Muslims, produit aux États-Unis avec l’aide, selon Ansar Jérusalem, « des juifs ».
Lieberman coupe court
Dans un proche avenir, les soldats risquent d’être à nouveau confrontés à ce type de scénario, et de strictes consignes de prudence doivent être fixées, estime l’armée. Mais, plaide le quotidien Yediot Aharonot, l’armée devrait développer en priorité ses réseaux de renseignements dans le Sinaï, opération ardue vu le cloisonnement des groupuscules jihadistes opérant dans ce vaste désert. Toujours selon le quotidien, l’armée dispose d’unités capables d’intervenir secrètement dans la région mais elles n’ont pas obtenu de feu vert en ce sens en raison du « caractère politique sensible » d’une telle décision qui reviendrait à violer la souveraineté égyptienne.
De fait, en vertu du traité de paix de 1979, le Sinaï est démilitarisé, et le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman a coupé court hier à toute velléité égyptienne de réviser les avenants militaires de l’accord. « Il n’y a pas la moindre possibilité qu’Israël accepte de modifier le traité de paix avec l’Égypte (...) Nous n’accepterons aucune modification des accords de Camp David. L’Égypte doit remplir ses obligations dans le Sinaï », a-t-il insisté.
Ponctuellement, Israël a cependant accepté que l’Égypte mobilise des effectifs militaires supplémentaires dans la péninsule pour lancer des opérations dans le Sinaï, durant lesquelles Le Caire affirme avoir tué des dizaines de « terroristes » ou « éléments criminels ».
(Source : AFP)


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