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Moyen Orient et Monde - Attaques De L’Intérieur

L’OTAN limite ses opérations avec les Afghans

Un soldat de l’ISAF et un policier afghan se consultent pendant une opération conjointe. L’OTAN a décidé de réduire sa coopération militaire avec les forces afghanes par souci de sécurité pour ses soldats, de plus en plus attaqués par leurs compagnons d’armes afghans. Tony Karumba/AFP

L’OTAN s’est résolue hier à limiter ses opérations conjointes avec les forces afghanes après avoir vu 51 de ses soldats se faire tuer depuis le début de l’année par des policiers ou soldats locaux, ses alliés censés assurer la sécurité du pays à sa place après 2014.
Cette décision est un revers pour la force de l’OTAN en Afghanistan (ISAF), d’autant plus embarrassant qu’elle a fait de la formation des forces locales l’un des axes principaux de sa stratégie de sortie d’un conflit qui a pris des allures de bourbier, onze ans après son arrivée dans le pays. Elle a été annoncée après un week-end noir pour la coalition, qui a perdu six de ses soldats (deux Britanniques et quatre Américains) tombés sous les balles d’hommes portant l’uniforme afghan, et alors que les manifestations se multiplient dans le monde musulman contre la diffusion d’un film américain à petit budget dénigrant le prophète Mohammad.
« Les troubles récents liés à la vidéo en Afghanistan et à l’extérieur du pays... et les attaques de l’intérieur ont conduit les troupes de l’ISAF à exercer une vigilance particulière et à revoir de manière attentive leurs activités et interactions avec la population », a indiqué dans un courriel le porte-parole du Pentagone, George Little. Désormais, les patrouilles ou séances de formation communes entre les soldats de l’ISAF et les forces afghanes ne seront plus conduites automatiquement qu’à partir d’un certain niveau d’effectifs (bataillon pour l’armée, forces de district pour la police), a annoncé l’ISAF. Toute activité conjointe avec des unités plus réduites devra être « approuvée au cas par cas par les commandements régionaux » de l’ISAF, ajoute-t-elle. Cette mesure est à la fois « temporaire » et illimitée, selon la coalition. « Nous ne savons pas jusqu’à quand cela va durer », a dit Hagen Messer, porte-parole de la mission.
La multiplication des « attaques de l’intérieur » a conduit la force, après des mois de réticences, à reconnaître que ces violences menacent gravement son effort de guerre dans le pays, et à réfléchir sur les moyens d’endiguer cette vague aussi dévastatrice pour le moral des Occidentaux que de leurs alliés afghans. « Ces consignes ont été données sur recommandation des principaux dirigeants afghans, et de concert avec eux », a précisé un officier sous le couvert de l’anonymat, estimant que ces mesures devraient « entraîner des ajustements sur la manière dont l’ISAF opère (sur le terrain) en cette période de tensions accrues ». En visite en Chine, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a admis être « inquiet » de la multiplication des « attaques de l’intérieur » et de leur impact sur le moral des troupes. Il a également assuré que cela ne modifierait en rien l’objectif de retrait total des quelques 113 000 soldats de l’ISAF du pays d’ici à la fin 2014.
Les forces afghanes ont dû rapidement gonfler leurs effectifs à 350 000 hommes pour se préparer à prendre le relais des Occidentaux. Or des critiques estiment que ce recrutement accéléré a nui à la sélection des candidats. Début septembre, l’armée afghane avait annoncé avoir arrêté ou exclu de ses rangs plusieurs centaines de soldats soupçonnés d’attaques contre l’ISAF, ou contre lesquels des preuves d’implication ont été trouvées. L’ISAF a jusqu’ici estimé que seul un quart des « attaques de l’intérieur » avaient été menées par des rebelles talibans infiltrés, le reste ayant été provoqué, selon elle, par des disputes nées de problèmes personnels ou d’incompréhensions culturelles entre soldats de l’OTAN et Afghans.

© AFP
L’OTAN s’est résolue hier à limiter ses opérations conjointes avec les forces afghanes après avoir vu 51 de ses soldats se faire tuer depuis le début de l’année par des policiers ou soldats locaux, ses alliés censés assurer la sécurité du pays à sa place après 2014.Cette décision est un revers pour la force de l’OTAN en Afghanistan (ISAF), d’autant plus embarrassant qu’elle a fait de la formation des forces locales l’un des axes principaux de sa stratégie de sortie d’un conflit qui a pris des allures de bourbier, onze ans après son arrivée dans le pays. Elle a été annoncée après un week-end noir pour la coalition, qui a perdu six de ses soldats (deux Britanniques et quatre Américains) tombés sous les balles d’hommes portant l’uniforme afghan, et alors que les manifestations se multiplient dans le...
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