« Aujourd’hui, le conseil a envoyé un message très clair », a commenté le chargé d’affaires américain Robert Wood. « La résolution va maintenir la pression » sur Téhéran pour qu’il remplisse ses engagements, a-t-il assuré, martelant que « l’isolement de l’Iran augmente ». Pour l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, cette nouvelle résolution – la douzième en neuf ans d’enquête de l’AIEA sur l’Iran – est contre-productive. Ce « n’est pas la bonne façon de résoudre la question du nucléaire iranien », a déclaré Ali Asghar Soltanieh à l’issue de la séance, jugeant qu’elle pesait sur le dialogue entre l’Iran et l’agence.
Dans son dernier rapport, l’AIEA a fait part d’un doublement de la capacité d’enrichissement sur le site de Fordo. L’Iran continue ainsi d’ignorer des résolutions des Nations unies lui demandant de mettre un terme à cette activité sensible. L’enrichissement d’uranium est au cœur de son conflit avec les grandes puissances. Faiblement purifié, il est utilisé pour la production d’électricité ou d’isotopes médicaux, servant à diagnostiquer certains cancers. Mais purifié jusqu’à 90 %, il entre dans la fabrication de l’arme atomique. L’Iran enrichit jusqu’à 20 %, et peut, à partir de ce niveau, transformer rapidement l’uranium en matériau utilisable dans une bombe, selon les experts. Mais le pays nie catégoriquement vouloir fabriquer l’arme atomique.
Une coopération de la République islamique avec l’AIEA est « essentielle et urgente » afin de restaurer la confiance internationale dans le caractère purement pacifique du programme nucléaire iranien, souligne en outre le groupe des 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et l’Allemagne) dans le texte de résolution. Il insiste aussi clairement sur son engagement pour une solution diplomatique dans ce dossier, alors qu’Israël exige plus de fermeté de la part des États-Unis au point d’avoir crispé les relations avec son grand allié et a agité ces derniers mois la menace d’une frappe militaire.
Le document prend par ailleurs acte du refus de l’Iran d’accorder à l’agence l’accès aux sites qu’elle souhaite inspecter, en particulier la base militaire de Parchin, près de Téhéran.
L’AIEA soupçonne les autorités d’avoir procédé sur ce site à des tests d’explosion conventionnelle applicable au nucléaire. Elle a observé depuis février, via des images satellites, des activités sur les lieux laissant craindre que Téhéran soit en train d’effacer toute trace compromettante.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine