Le député européen Harlem Désir a été choisi par la patronne sortante du Parti socialiste Martine Aubry et par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour prendre la tête du PS à l’automne, annoncent-ils dans un communiqué commun publié hier matin, y précisant que « si les militants y adhèrent le 11 octobre et votent pour notre candidat le 18 octobre, Harlem Désir sera le premier secrétaire du Parti socialiste conformément à nos règles ». Ce vote ne devrait être qu’une formalité : il y a fort à parier que cinq mois après l’élection de François Hollande, les 175 000 adhérents du PS se prononceront pour la motion Aubry-Ayrault et son candidat. Sans surprise, la droite s’est emportée hier contre cette décision. Pour le Front national par exemple, les adhérents du PS n’auront pas de choix démocratique « puisque c’est Mme Aubry qui a désigné son successeur, Harlem Désir ».
Un superpréfet de police nommé à Marseille
Jean-Paul Bonnetain a été nommé hier préfet de police de Marseille, un poste créé sur mesure dans le cadre du plan gouvernemental destiné à enrayer la violence endémique qui sévit dans la cité phocéenne. Contrairement à son prédécesseur, Alain Gardère, qui était simple préfet délégué, Jean-Paul Bonnetain sera un préfet « de plein exercice ». Il sera placé directement sous l’autorité du ministre de l’Intérieur Manuel Valls et aura compétence sur l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône, a précisé la porte-parole du gouvernement, Najat Valaut-Belkacem. Le Premier ministre, qui s’est rendu à Marseille au début de la semaine, avait également annoncé la semaine dernière à l’issue d’un comité interministériel l’envoi en renfort de 205 policiers et gendarmes.
Une mosquée profanée avec des excréments
Les portes d’une mosquée en France, à Limoges, ont été profanées avec des excréments dans la nuit de mardi à mercredi, une profanation qui a soulevé l’indignation du gouvernement et des représentants de la communauté musulmane. Il s’agit de la seconde profanation en moins de deux mois de la mosquée de Limoges : deux tags néonazis avaient été découverts fin juillet sur la double porte d’entrée. Les enquêteurs n’écartent aucune piste, y compris celle d’un acte isolé sans caractère islamophobe, bien que la mosquée, dotée d’un minaret, apparaisse clairement comme un lieu de culte musulman. Selon la police, des faits similaires visant un restaurant sans lien avec la communauté musulmane ont été dénoncés au début du mois de septembre.
« Trois grands axes à privilégier : le métier, la famille, l’Irak »
Trois pistes « essentielles » sont étudiées dans la tuerie des Alpes françaises qui a fait quatre morts le 5 septembre : le conflit financier, la profession du père de famille et l’Irak, a annoncé hier le procureur en charge de l’affaire Éric Maillaud. « Trois grands axes à privilégier : le métier, la famille, l’Irak », a-t-il insisté, soulignant la difficulté de les hiérarchiser.
« Il y a la piste de ce conflit familial entre les deux frères », le père de famille Saad el-Hilli et son frère Zaid, « sur fond d’argent ou d’héritage, on ne sait pas encore exactement », a-t-il dit. « On a la piste de la profession d’ingénieur de M. al-Hilli et on a la piste de l’Irak, ses origines », a poursuivi le procureur. Saad el-Hilli, 50 ans, britannique d’origine irakienne, travaillait pour une société britannique de satellites, filiale d’Astrium, Surrey Satellite Technology Limited (SSTL). Parmi les clients de cette société, pour laquelle la victime travaillait comme ingénieur contractuel depuis près de deux ans, figurent l’Agence spatiale européenne ESA et la NASA.
Le procureur a aussi confirmé qu’il se rendrait aujourd’hui en Grande-Bretagne avec l’un des deux juges d’instruction en charge de l’affaire « pour développer et renforcer la qualité de la coopération entre la Grande-Bretagne et la France ».
Ségolène Royal fait sa rentrée politique à l’Élysée
Ségolène Royal a fait hier une rentrée politique remarquée à l’Élysée, où l’ancienne candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 a participé à une réunion des présidents de la région. L’ancienne compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants, a dit son « plaisir » d’être reçue à la présidence de la République, trois mois après son échec aux élections législatives en Charente-Maritime. Tout sourire, en veste rouge, la présidente de la région Poitou-Charentes a affirmé qu’« il est évident que si nous unissons nos forces entre l’État et les territoires, et les régions en particulier, on va être plus efficaces ensemble, plus forts ensemble sur le chômage, la formation des jeunes, la mutation écologique ».
Copé-Fillon certes, mais Bertrand ?
Les « petits » candidats à la présidence de l’UMP ne se résolvent pas à un duel entre François Fillon et Jean-François Copé, même si ce scénario s’impose comme le plus probable à l’approche du dépôt des parrainages, fixé au 18 septembre. Plusieurs responsables de l’UMP, dont les candidats déclarés Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, à la peine dans la collecte des parrainages, avaient réclamé la semaine dernière un bureau politique extraordinaire pour dissiper le « malaise » que suscitent selon eux les modalités du scrutin des 18 et 25 novembre. Pour briguer les suffrages des 264 137 militants à jour de cotisation au 30 juin, les prétendants doivent avoir obtenu les parrainages d’au moins 7 924 adhérents du parti dans dix fédérations au minimum.
Les concurrents conviennent à l’unisson que ces statuts, datant de la création de l’UMP en 2002, sont aujourd’hui obsolètes, mais le secrétaire général du parti, Jean-François Copé, à l’instar de l’équipe rivale de François Fillon, souligne l’impossibilité de modifier les règles d’ici à l’élection. Bruno
Le Maire lui-même s’est dissocié de la requête de Nathalie Kosciusko-Morizet en déclarant qu’on ne « bidouille pas » les règles pour des « convenances personnelles ». Et Xavier Bertrand ? L’ancien ministre du Travail, qui affirme être en possession de quelque 8 000 parrainages nécessaires, réserve sa réponse finale jusqu’au 16 septembre.

