Le commissariat visé par l’attentat. Bulent Kilic/AFP
Organisation marxiste-léniniste radicale, le DHKP-C est l’héritier d’une série de groupes révolutionnaires qui ont revendiqué des dizaines d’attentats et meurtres de responsables turcs depuis 1976. Son chef historique, Dursun Karatas, a été inhumé en 2008 non loin du commissariat visé hier par l’attentat.
Selon les premiers éléments de l’enquête livrés par le chef de la police d’Istanbul Hüseyin Capkin, ce kamikaze a fait exploser peu après 11h00 la charge qu’il portait après avoir lancé une grenade sur des policiers en faction devant le commissariat du quartier de Sultangazi, un bastion des organisations séparatistes kurdes et d’extrême gauche. « J’étais assis là, à l’intérieur de mon magasin, quand il y a eu une explosion très violente. Le commissariat est juste en face, une grande fumée en est sortie, a raconté Zafer Aldogan, un voisin commerçant, des morceaux de corps ont été projetés jusqu’à nous. » « Je suis rentrée dans le jardin du commissariat, mais un policier m’a fait ressortir en disant qu’il y a encore un kamikaze avec une bombe qui n’a pas explosé, a témoigné une autre voisine du commissariat, Meral Yildiz. J’ai regardé et il était là, couché, il n’avait plus de jambes (...) c’était un homme de 30 à 35 ans au crâne rasé. »
Lors de son intervention, le chef de la police d’Istanbul a affirmé que le kamikaze avait été identifié mais a refusé de donné des détails sur son éventuelle affiliation à un groupe armé. Dans une déclaration, le président turc Abdullah Gül a fermement condamné cette « attaque terroriste méprisable » conduite par « des groupes terroristes qui défendent des idéologies dépassées ».
Depuis des années, les commissariats de police turcs sont la cible régulière d’attentats ou d’attaques conduits par des groupes se réclamant de l’extrême gauche radicale ou proches des séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte contre les autorités d’Ankara.
(Source : AFP)

