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Moyen Orient et Monde - Tuerie De Chevaline

Le frère d’el-Hilli interrogé longuement par la police

La fillette des victimes, Zainab, s’est réveillée hier de son coma artificiel.

Zainab, 7 ans, seul témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie de Chevaline dans l’est de la France, est sortie hier du coma, tandis que son oncle était interrogé comme témoin pour le deuxième jour consécutif. La petite Zainab, touchée par balle à l’épaule au cours de la tuerie et violemment frappée à la tête, est ainsi sortie du coma artificiel où les médecins l’avaient plongée pour soulager son corps, a déclaré hier le procureur de la République d’Annecy, Éric Maillaud. « Mais elle est sous sédatifs et n’est donc toujours pas audible », a-t-il ajouté. Quand elle ira mieux, elle sera interrogée par des policiers spécialisés dans le témoignage des enfants.
Outre ses blessures et la terreur sans doute ressentie au moment des faits, Zainab a perdu ses deux parents, Saad et Iqbal el-Hilli, dans la tuerie. Une femme plus âgée d’origine suédoise, présente dans la voiture (selon le Sunday Telegraph, cette « proche relation » avait 74 ans et portait le même nom de famille que la mère des fillettes), est morte aussi, ainsi qu’un cycliste français. Tous ont reçu de multiples balles, dont deux dans la tête pour chacun.
Pendant ce temps, les policiers britanniques, sous la supervision de gendarmes français envoyés sur place, ont repris dès l’aube et pour la journée la perquisition de la vaste maison familiale des el-Hilli à Claygate, dans le comté du Surrey, à une quarantaine de kilomètres au sud de Londres. Les opérations se poursuivront « certainement (aujourd’hui) », selon une source proche de l’enquête. La coopération est « sans heurts » et marche « très bien » entre les services des deux pays, a commenté un porte-parole de la police du Surrey, remarquant que cette affaire « est intéressante en ce qu’il n’est pas habituel que nous ne suivions pas nos propres procédures, ne fournissant ici qu’une assistance ».
La sœur de Zainab, Zeena, 4 ans, qui s’était cachée sous les jambes de sa mère dans la voiture et a été retrouvée dans la même position par les enquêteurs huit heures plus tard, est pour sa part rentrée en Grande-Bretagne « à l’heure du déjeuner », selon M. Maillaud, accompagnée de membres de sa famille dont il n’a pas donné les noms. La fillette a entendu la tuerie mais n’a rien vu.
Pendant ce temps, Zaid el-Hilli, l’oncle paternel des deux fillettes, a été entendu toute la journée d’hier comme témoin par les policiers du Surrey, agissant pour le compte des gendarmes français. Cette audition avait commencé samedi. M. el-Hilli a passé la nuit « libre », ni dans les locaux de la police ni chez lui, « en raison de la présence de la presse », a précisé une source proche de l’enquête. Les enquêteurs souhaitent élucider la rumeur d’un différend d’ordre financier, qui aurait opposé les deux frères. Zaid el-Hilli s’était de lui-même présenté à la police britannique dès le lendemain de la fusillade, pour se défendre de toute implication.
Interviewé par le journal dominical Sunday Telegraph, un cousin des deux frères vivant en Australie, Ali el-Hilli, a assuré que Zaid « était en état de choc », « anéanti », après l’annonce de la mort de ses proches. « Il n’arrêtait pas de répéter : “Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Comment ça a pu arriver ?” », a déclaré ce cousin. Zaid el-Hilli travaille selon le journal depuis plus de dix ans pour Burhill Group Ltd, un groupe qui possède notamment des golfs et des biens immobiliers. Ali el-Hilli, dont la famille a quitté l’Irak pour des raisons politiques un an avant celle de Saad el-Hilli, décrit Zaid comme plus calme que son frère, qui était « plus énergique ». Il a également démenti l’hypothèse d’une « fortune » familiale qu’aurait laissée leur père Kadhim, mort en Espagne l’an dernier, et a dit ne pas être au courant d’une dispute entre les deux frères.
Le Sunday Times a assuré hier avoir parlé à un enquêteur selon lequel les premières analyses balistiques concluent à la présence de plus d’un tueur sur les lieux. Hier toujours, les gendarmes de la section de recherches de Chambéry ont fait une nouvelle enquête de voisinage près des lieux de la tuerie et dans les campings proches, afin de recueillir des témoignages permettant « d’affiner très précisément l’emploi du temps » de la famille el-Hilli le jour du drame, selon le commandant de la section de Chambéry, le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann. Ils ont récupéré aussi toutes les vidéos, type caméra de surveillance, qui pourraient donner des éléments sur le ou les tueurs. « Il n’y a aucun répit pour les enquêteurs », a assuré le procureur Maillaud.
(Source : AFP)
Zainab, 7 ans, seul témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie de Chevaline dans l’est de la France, est sortie hier du coma, tandis que son oncle était interrogé comme témoin pour le deuxième jour consécutif. La petite Zainab, touchée par balle à l’épaule au cours de la tuerie et violemment frappée à la tête, est ainsi sortie du coma artificiel où les médecins l’avaient plongée pour soulager son corps, a déclaré hier le procureur de la République d’Annecy, Éric Maillaud. « Mais elle est sous sédatifs et n’est donc toujours pas audible », a-t-il ajouté. Quand elle ira mieux, elle sera interrogée par des policiers spécialisés dans le témoignage des enfants.Outre ses blessures et la terreur sans doute ressentie au moment des faits, Zainab a perdu ses deux parents, Saad et Iqbal...
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