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Moyen Orient et Monde - Anniversaire

11-Septembre : sacraliser « Ground Zero » ou tourner la page ?

Onze ans après les attentats du 11-Septembre qui ont fait près de 3 000 morts à New York, une certaine tension s’est fait jour depuis quelques mois à « Ground Zero » entre les familles des victimes, qui y voient un « lieu sacré », et le grand public, plus enclin à tourner la page.
Sur le site du mémorial ouvert l’an dernier pour marquer l’endroit exact où se trouvaient les tours jumelles, la police, des agents de sécurité et des guides volontaires veillent au strict respect des règles de bonne conduite. Ces mesures sont destinées à combattre ce que des familles de victimes voient comme un manque de respect alors que certains pique-niquent sous les chênes récemment plantés, par exemple. En juin, un incident plus sérieux a troublé la sérénité du lieu, quand des lycéens en visite ont laissé leurs détritus dans l’une des deux grandes piscines noires marquant les empreintes exactes des deux tours.
Des panneaux appelant au respect des règles de bonne conduite sont visibles un peu partout autour de ces deux piscines et des panneaux de bronze où sont inscrits les noms des victimes. « Si vous voyez quelqu’un gratter, s’appuyer sur les panneaux ou endommager les noms, merci d’alerter les employés du mémorial », signale ainsi un écriteau. Aucun acte grave de vandalisme n’a été relevé, mais même des manifestations bénignes, comme les touristes se faisant photographier devant le monument, sont de trop pour les proches de victimes qui considèrent cet endroit comme « sacré ». « Les gens riaient, prenaient des photos en souriant et s’appuyaient sur les tablettes où figurent les noms de tant de mes amis, avec leurs tasses Starbucks comme s’ils étaient dans leur salle à manger », a ainsi récemment souligné Marianne Pizzitola, qui dirige un groupe d’anciens pompiers, dans une lettre largement diffusée au président du mémorial, Joe Daniels.
Demain, pour le 11e anniversaire des attentats, les familles de victimes vivront une nouvelle fois le crève-cœur de la cérémonie de commémoration, au cours de laquelle les noms des 2 753 victimes seront énumérés. Le maire de New York Michael Bloomberg avait bien évoqué la possibilité l’année dernière de réduire ce triste rituel, mais il s’était aussitôt attiré les foudres de certaines familles de victimes.
Et pour ceux qui voudraient conserver un accès limité à ce lieu, pour lequel il faut actuellement acheter un billet d’entrée, les choses vont devenir plus difficiles encore lorsque les nouveaux gratte-ciel en construction aux alentours auront ouvert leurs portes : le mémorial du 11-Septembre deviendra alors un lieu ouvert. La place ombragée autour des fontaines deviendra alors certainement un lieu prisé pour les hommes d’affaires du quartier à l’heure de la pause déjeuner. « J’aime cet endroit tel qu’il est aujourd’hui, la manière dont il est structuré et organisé, dit Lauren Lent, qui se trouvait de l’autre côté de la rue lorsque les avions ont frappé les tours du World Trade Center. « Je redoute vraiment le jour où ils vont en faire un lieu complètement ouvert. » « Beaucoup de personnes sont mortes ici, et bon nombre d’entre elles n’ont pas été retrouvées, elles sont donc toujours là. C’est sacré, et je n’aimerais pas voir des gens venir jouer au frisbee ici », ajoute-t-elle.
Ce point de vue des proches des victimes n’est pas près de changer, selon Michael J. Allen, professeur d’histoire à la Northwestern University, qui se réfère aux expériences d’autres monuments commémoratifs à travers le monde. Le cap des 50 ans et des 75 ans après la tragédie est le plus important car beaucoup de survivants disparaissent ensuite, souligne-t-il. Mais à plus ou moins long terme, la tendance est claire selon lui : « Le 11-Septembre va être laissé de côté. Ground Zero va redevenir un lieu de vie, cela deviendra probablement un parc. »
© AFP
Onze ans après les attentats du 11-Septembre qui ont fait près de 3 000 morts à New York, une certaine tension s’est fait jour depuis quelques mois à « Ground Zero » entre les familles des victimes, qui y voient un « lieu sacré », et le grand public, plus enclin à tourner la page.Sur le site du mémorial ouvert l’an dernier pour marquer l’endroit exact où se trouvaient les tours jumelles, la police, des agents de sécurité et des guides volontaires veillent au strict respect des règles de bonne conduite. Ces mesures sont destinées à combattre ce que des familles de victimes voient comme un manque de respect alors que certains pique-niquent sous les chênes récemment plantés, par exemple. En juin, un incident plus sérieux a troublé la sérénité du lieu, quand des lycéens en visite ont laissé leurs...
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