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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Le pouvoir accroît sa pression sur le camp Gbagbo

Des attaques contre l’armée et des vagues d’arrestations alourdissent le climat sécuritaire.

Le régime du président ivoirien Alassane Ouattara renforce sa pression sur le parti de l’ex-chef de l’État Laurent Gbagbo, dans un climat alourdi par une vague d’attaques contre l’armée.
Coup sur coup, le porte-parole en exil de M. Gbagbo, Justin Koné Katinan, a été arrêté vendredi soir à Accra par la police ghanéenne, et le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI) Laurent Akoun a été interpellé dimanche par la gendarmerie ivoirienne à Adzopé (à une centaine de km au nord d’Abidjan), avant d’être conduit dans la capitale économique. M. Akoun « est détenu dans le camp de gendarmerie d’Agban », l’un des principaux camps d’Abidjan, a indiqué hier son avocat, Me Toussaint Zahui Dako. Il a dit ne pas savoir ce qui est reproché à son client, arrêté huit jours après l’ex-ministre Alphonse Douati, secrétaire général adjoint du FPI, inculpé et incarcéré pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Du côté de l’exécutif, on les soupçonne d’être liés aux attaques meurtrières qui depuis début août ont visé les Forces républicaines (FRCI), l’armée ivoirienne. « Au FPI certains sont engagés dans ce genre d’actions, ils n’ont pas compris que ça ne sert à rien », a ainsi lâché une source gouvernementale. Après les attaques, le gouvernement du président Alassane Ouattara a accusé des miliciens et militaires pro-Gbagbo qui bénéficieraient notamment du soutien d’exilés au Ghana, ce que le FPI a fermement démenti.
Justin Koné Katinan est aussi suspecté par les autorités pour ces opérations contre les FRCI. Visé depuis un an par un mandat d’arrêt international émis par Abidjan pour « crimes économiques », il est en exil depuis la fin de la crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011) qui a fait quelque 3 000 morts. Si le régime ivoirien misait sur son transfèrement rapide, le sort de l’ex-ministre du Budget de M. Gbagbo est désormais entre les mains des autorités ghanéennes. Le ministère ghanéen de l’Information a donc indiqué dimanche que le nouveau président John Dramani Mahama a demandé à son ministre de la Justice d’« examiner » la demande d’extradition formulée par Abidjan et de lui « fournir son avis ». Les proches de M. Katinan excluent une extradition, arguant de son statut de réfugié politique.
Ces arrestations en série alourdissent un climat déjà soudainement crispé depuis les attaques anti-FRCI, alimentant une rhétorique virulente dans les deux camps. « Terreur sur les proches de Laurent Gbagbo », écrivait hier le quotidien pro-Gbagbo Le Temps. De son côté, le FPI dénonce sans relâche une « dictature ».
Dans ce contexte, M. Ouattara promet réconciliation et justice, mais des discours radicaux se font aussi entendre parmi ses soutiens. La semaine dernière, un conseiller du président de l’Assemblée nationale, l’incontournable ex-Premier ministre Guillaume Soro, a signé sur le blog de ce dernier une tribune où il appelait à « éradiquer » le FPI, qualifié d’« organisation terroriste ». M. Soro s’est démarqué de ce texte, mais cela traduit une nette dégradation du climat. « La période de troubles va continuer », prédit de fait un proche de l’exécutif, affirmant que « les durs » du FPI sont à la manœuvre tandis que « le pouvoir ne maîtrise pas les FRCI », au risque de dérapages. Par exemple, à Yopougon, quartier ouest d’Abidjan et fief de l’ex-président, l’armée effectue des interpellations jugées par beaucoup indiscriminées, dans sa chasse aux « miliciens » pro-Gbagbo.
Autre symbole de ce regain de tension : ces derniers jours, la métropole abidjanaise s’est retrouvée constellée de postes de contrôle militaires la nuit. Du jamais-vu depuis la crise de l’an dernier.

(Source : AFP)
Le régime du président ivoirien Alassane Ouattara renforce sa pression sur le parti de l’ex-chef de l’État Laurent Gbagbo, dans un climat alourdi par une vague d’attaques contre l’armée.Coup sur coup, le porte-parole en exil de M. Gbagbo, Justin Koné Katinan, a été arrêté vendredi soir à Accra par la police ghanéenne, et le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI) Laurent Akoun a été interpellé dimanche par la gendarmerie ivoirienne à Adzopé (à une centaine de km au nord d’Abidjan), avant d’être conduit dans la capitale économique. M. Akoun « est détenu dans le camp de gendarmerie d’Agban », l’un des principaux camps d’Abidjan, a indiqué hier son avocat, Me Toussaint Zahui Dako. Il a dit ne pas savoir ce qui est reproché à son client, arrêté huit jours après l’ex-ministre...
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