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Culture - Qu’Est-Ce Que Vous Me Chantez Là ?

Michel Berger libre dans sa tête, comme Diego

Décédé le 2 aôut 1993, Michel Berger, auteur-compositeur-chanteur, laisse un magnifique patrimoine musical, dont la chanson « Diego » parue en 1983 dans l’album « Voyou ».

Michel Berger et Johnny Hallyday.

Colette KHALAF

Reprise plus tard par Johnny Hallyday, Diego est néanmoins une chanson planétaire qui évoque un prisonnier libre dans sa tête. «Derrière des barreaux/Pour quelques mots/Qu’il pensait si fort.» Si cette chanson a été écrite à une époque où il y avait des dictatures particulièrement répressives en Amérique latine (Chili, Argentine, Paraguay...) et où l’on pouvait se retrouver derrière les barreaux pour un simple délit d’opinion, elle serait également la métaphore de tous les prisonniers politiques. Ainsi, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour tous les incarcérés dans les geôles des régimes totalitaires du Moyen-Orient pour avoir commis un seul crime... réclamer la liberté. La chanson s’achève d’ailleurs par «déjà mort peut-être» parce qu’il n’était pas rare que les dictatures se débarrassent de leurs prisonniers politiques. En effet, beaucoup d’entre eux sont encore portés disparus. Ils ont certainement été victimes d’exécutions sommaires ou de tortures. Citons par exemple la dictature du général Pinochet, responsable de la mort ou de la disparition de 2279 personnes, ou celle de l’Argentine qui a à son actif 30000 morts en sept ans ainsi que l’emprisonnement de plus de 100000 personnes.
Diego représenterait ainsi les milliers d’opposants à ces régimes dont Berger ne cite pas les noms puisqu’ils pourraient se situer n’importe où ou n’importe quand sur la carte géographique. «Quel est ce pays/Où frappe la nuit/ La loi du plus fort ? »...
Michel Berger est un homme de cœur. Il en est d’ailleurs mort, Il ne se suffit pas d’adresser une chanson à Diego. Il fait de ce personnage sans visage et sans identité un héros universel puisque malgré tous les barreaux, il demeure libre dans sa tête. Comme si le chanteur faisait allusion à tous ceux qui jouissent de la liberté physique mais sont des prisonniers dans leur esprit. À cause de la tessiture des textes et du souffle des mots porté par le militantisme humain de ce compositeur, il était difficile de reprendre ses chansons sans en changer l’âme. Elles jouissaient d’une authenticité et d’une originalité intrinsèques, difficiles à remettre dans un autre moule. « Et moi qui danse ma vie/Qui chante et qui ris/Je pense à lui. »
Mais on pourrait aussi se demander si Michel Berger, cerné par tant de problèmes dans sa vie (fuite du père, laissant femme et enfants, déception amoureuse avec Véronique Sanson, échecs fréquents professionnels puis maladie de sa fille), n’était pas un peu ce Diego entre les barreaux, mais libre dans sa tête puisqu’il parvenait à s’évader à travers ses chansons.
Colette KHALAF Reprise plus tard par Johnny Hallyday, Diego est néanmoins une chanson planétaire qui évoque un prisonnier libre dans sa tête. «Derrière des barreaux/Pour quelques mots/Qu’il pensait si fort.» Si cette chanson a été écrite à une époque où il y avait des dictatures particulièrement répressives en Amérique latine (Chili, Argentine, Paraguay...) et où l’on pouvait se retrouver derrière les barreaux pour un simple délit d’opinion, elle serait également la métaphore de tous les prisonniers politiques. Ainsi, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour tous les incarcérés dans les geôles des régimes totalitaires du Moyen-Orient pour avoir commis un seul crime... réclamer la liberté. La chanson s’achève d’ailleurs par «déjà mort peut-être» parce qu’il n’était pas rare que...
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