Des rebelles transportent le corps d’un insurgé tué lors des violents combats qui se poursuivent depuis un mois à Alep. Goran Tomasevic/Reuters
Le Conseil a également discuté de qui pourrait remplacer Kofi Annan comme médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe. Des diplomates, qui ont souhaité garder l’anonymat, ont affirmé que Lakhdar Brahimi avait accepté d’occuper le poste à condition que la nature de son mandat et sa dénomination soient modifiés.
La Russie, qui aurait souhaité que la mission d’observation se poursuive, a pour sa part demandé que les grandes puissances lancent avec l’Arabie saoudite et l’Iran un appel au gouvernement syrien et à l’opposition pour qu’ils mettent « fin à la violence le plus tôt possible ». L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, a proposé une rencontre aujourd’hui à New York du groupe d’action international sur la Syrie pour discuter de cette proposition. Le département d’État américain s’est montré prudent.
Fabius : Assad est le bourreau de son peuple
Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a appelé au départ du président Bachar el-Assad, le qualifiant de « bourreau de son peuple ». En visite à Pékin, Bouthaïna Chaabane, émissaire spéciale de M. Assad, a salué l’attitude de la Chine et de la Russie, qui ont bloqué jusqu’à présent toute résolution au Conseil condamnant Damas. Pékin a de son côté appelé les belligérants « à rapidement établir un cessez-le-feu pour mettre fin à la violence et à entamer un dialogue politique ».
Auparavant, réunis mercredi dans la nuit en Arabie saoudite, les dirigeants du monde musulman sont tombés d’accord sur « la nécessité de mettre fin immédiatement aux actes de violence en Syrie et de suspendre ce pays de l’OCI ». Seul l’Iran s’est opposé à cette suspension « injuste ». La décision a en revanche été saluée par les États-Unis.
Près de 400 tués en 2 jours
Sur le terrain, insurgés et forces armées se livraient toujours bataille pour le contrôle de la ville stratégique d’Alep. Des combats et bombardements étaient par ailleurs signalés dans plusieurs autres localités du pays. Les violences ont fait 197 tués au total. Mercredi, le bilan de la journée s’était élevé à 172 morts. Par ailleurs, l’armée a libéré une équipe de la télévision al-Ikhbariya au terme d’une opération dans la région de Damas. En outre, des centaines de personnes ont tenté de gagner, le plus souvent à pied, la Turquie après un bombardement aérien dévastateur mercredi sur Azzaz, une ville proche de la frontière turque. L’organisation Human Rights Watch, qui s’est rendue sur place, a recensé plus de 40 morts, tandis qu’une source officielle turque a rapporté qu’une centaine de victimes étaient soignées en Turquie et que 15 d’entre elles avaient succombé à leurs blessures. Mercredi également, des enquêteurs des droits de l’homme de l’ONU ont conclu que les forces gouvernementales, les milices « chabbiha » et les insurgés ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, dans un rapport de 102 pages. Mercredi toujours, une fusillade a éclaté derrière les bureaux du Premier ministre à Damas, où une réunion d’officiers de l’armée tenue dans un bâtiment de l’état-major a été visée par un attentat à la bombe revendiqué par les rebelles.
D’autre part, la responsable de l’humanitaire à l’ONU, Valérie Amos, qui achevait une visite de deux jours à Damas, a de nouveau réclamé un meilleur accès pour les organisations humanitaires aux Syriens dans le besoin, estimés à quelque 2,5 millions de personnes. De son côté, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, a affirmé, citant Mme Amos, que les pays arabes n’avaient pas versé « un dollar » en aide au peuple syrien.
(Sources : agences et rédaction)

