Usain Bolt fait des émules : Mo Farah, auteur du doublé 5 000/10 000 m, reprend la célèbre pose du sprinter jamaïquain devant le 10 Downing Street où il a été reçu par David Cameron. Justin Tallis/AFP
Le podium du handball messieurs, l’une des dernières finales de ces XXVIIes Jeux olympiques, résumait bien l’impact de la fusée jamaïquaine sur cette édition : les Croates, médaillés de bronze, improvisèrent quelques pompes – à la Bolt – sur la troisième marche, tandis que les experts français, sacrés pour la seconde fois, prenaient à leur compte le fameux Lightning Bolt, cette version XXIe siècle de l’archer des Jeux de la Grèce antique revisité par le sextuple champion olympique.
Désormais, partout sur la planète, où plusieurs milliards de téléspectateurs ont eu pendant quinze jours les yeux rivés sur Londres, des gamins imitent et imiteront les mimiques du deux fois triple champion olympique du 100 m, du 200 m et du 4X100 m.
En concluant sa campagne 2012 par un record du monde du relais avec la Jamaïque, Usain Bolt a rejoint, voire dépassé les figures les plus légendaires de l’histoire olympique, le dieu du stade des Jeux de Berlin, Jesse Owens, ou King Carl Lewis, la star racée des années 80.
Usain Bolt les imitera peut-être bientôt en se risquant à la longueur, une discipline taillée à la mesure de ses qualités exceptionnelles, mais son avènement traduit déjà une évidence : les États-Unis, jadis rois incontestés du sprint, ne règnent plus en maîtres absolus sur la planète olympique, même s’ils ont repris à Londres le flambeau cédé aux Chinois à Pékin.
Sur leurs 104 médailles, dont 46 d’or, six sont venues de Michael Phelps, devenu l’olympien le plus titré de l’histoire des Jeux, avec 22 pendentifs, dont 18 du métal le plus précieux.
Bien sûr, la natation est le sport qui offre de loin le plus de possibilités de multiplier les trophées, mais le nageur de Baltimore n’en a pas moins définitivement rayé des tablettes la gymnaste soviétique Larissa Latynina, même si cette dernière a remarqué avec humour qu’elle avait également remporté plusieurs titres olympiques comme entraîneuse.
Michael Phelps ne fut pas la seule star des bassins.
La petite Chinoise Ye Shiwen, 16 ans, et son titre du 200 m 4 nages, ponctué d’un dernier 50 m plus rapide que celui de Ryan Lochte, le vainqueur de la même épreuve chez les hommes, ont fait couler beaucoup d’encre sans rien retirer à la performance d’ensemble de son pays, à nouveau bardé de médailles.
L’apothéose de la natation française est l’un des faits marquants de cette olympiade, et Yannick Agnel, champion olympique du 200 m et du relais 4X100 m à vingt ans à peine, est parti pour une belle et longue carrière qui peut le mener bien au-delà de Rio, dans quatre ans.
Rule Britannia
Comme d’habitude, l’avantage du terrain a favorisé le pays organisateur. Les Britanniques ont pu à la fois célébrer leur originalité insulaire dans des cérémonies d’ouverture et de clôture parfaitement réussies et effectuer une moisson de trophées salutaire pour le moral des troupes en ces temps de crise.
Avec 65 médailles, dont 29 d’or, ils obtiennent leur meilleur résultat olympique depuis les premiers Jeux de Londres de 1908, eux qui, en 1996, repartaient d’Atlanta avec un seul titre.
C’est surtout en cyclisme que les sujets de Sa gracieuse Majesté ont brillé de tous leurs feux, écrasant la concurrence grâce à des personnalités du calibre de Chris Hoy, désormais sextuple champion olympique, ou Bradley Wiggins, sans doute le sportif de l’année, toutes disciplines confondues, après sa victoire sur le Tour de France et sa médaille d’or du contre-la-montre.
Mais Jessica Ennis, sacrée à l’heptathlon, ou Mo Farah, auteur d’un doublé 5 000/10 000 m qui le place au niveau des plus grands coureurs de fond de l’histoire, ont aussi illustré la diversité britannique et notamment londonienne, mégapole dont plus d’un quart de la population n’est pas née au Royaume-Uni.
Les démons de l’olympisme – terrorisme, corruption, dopage – ont relativement épargné une édition qui a su s’intégrer dans le paysage d’une capitale prompte à bousculer ses propres clichés en assurant un transport de qualité et en surprenant les visiteurs par son ouverture aux cuisines les plus variées.
L’exclusion de l’équipe chinoise de badminton pour absence de combativité ou les multiples contestations – à la boxe notamment – font partie du quotidien des Jeux et ont démontré que les règles devaient encore être affinées.
Dans ce contexte, la France, qui avait mal vécu sa défaite lors de l’attribution des Jeux à Londres en 2005, réalise un parcours conforme aux éditions précédentes, déjà plutôt bonnes : moins de médailles qu’à Pékin (34 contre 41), mais plus de titres (11 contre 7).
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