Le choix de Paul Ryan, qui a d’ailleurs multiplié les stratagèmes dignes d’un film hollywoodien – rencontres secrètes et looks incognito – pour préserver la surprise de sa désignation, cadre donc parfaitement avec la stratégie démocrate, veulent croire les proches de M. Obama, qui dénoncent sa vision « radicale » de l’économie. « Mitt Romney a choisi un élu influent de la Chambre des représentants qui partage sa conviction dans une mauvaise théorie économique : elle consiste à croire que de nouvelles exemptions fiscales pour les plus riches, qui grèveront le budget, associées à la mise en place d’un fardeau plus lourd sur les épaules des classes moyennes et des plus âgés, permettront d’une manière ou d’une autre d’avoir une économie plus forte », ironise Jim Messina, le directeur de campagne de Barack Obama. Comme parlementaire, Paul Ryan a « approuvé les politiques économiques imprudentes de (George W.) Bush qui ont conduit à faire exploser notre déficit et ont ruiné notre économie (...), le ticket Romney-Ryan conduira aux mêmes erreurs catastrophiques », ajoute le stratège démocrate.
Le camp démocrate ne va non plus pas manquer de s’en prendre au manque d’expérience internationale du ticket Romney-Ryan après avoir raillé les bourdes du candidat républicain lors de sa tournée au Royaume-Uni, en Israël et en Pologne. Pour David Solimini, du centre de réflexion progressiste Truman National Security Project, le choix de Paul Ryan démontre que M. Romney ne prend pas la sécurité nationale au sérieux. « Il a choisi Paul Ryan, qui n’a aucune expérience sur les questions de sécurité nationale. Pire, Ryan a montré à de nombreuses reprises qu’il est prêt à tailler dans les priorités en matière de défense afin de préserver les exemptions fiscales pour les millionnaires et les milliardaires », dénonce-t-il.
Quant aux républicains, ils voient dans le choix de Paul Ryan un moyen de redonner de l’élan à la campagne de Mitt Romney, perçue comme bien terne par de nombreux observateurs. Vu comme un modéré, M. Romney, en faisant appel à un idéologue conservateur, courtise la base républicaine conservatrice. De fait, la désignation de Ryan semblait hier être perçue comme le meilleur choix possible par la majorité des partisans du Tea Party. « Ryan a, au moins, réfléchi aux problèmes et a trouvé une solution réalisable », juge Ned Ryun, président d’American Majority, une organisation qui forme des sympathisants du Tea Party au militantisme.
Le Tea Party n’est cependant pas un mouvement monolithique, et l’enthousiasme dominant quant au choix de Paul Ryan n’est pas unanime, en particulier chez les conservateurs sur les questions sociales, qui accusent Mitt Romney d’avoir changé d’avis sur l’avortement et le mariage homosexuel. « Ryan est un cran au-dessus de Romney, mais cela ne veut pas dire grand-chose », estime Tina Dupont du Tea Party de l’ouest du Michigan.
USA, le « grand retour » ?
En attendant la convention républicaine de Tampa à la fin du mois, le tandem Romney-Ryan a voulu donner un nouvel élan à sa campagne hier en Caroline du Nord, promettant « le grand retour » des États-Unis s’ils étaient élus le 6 novembre, en redressant l’économie américaine et restaurant la puissance du pays. Pour M. Romney, avec le président Barack Obama, les États-Unis deviennent « de plus en plus comme l’Europe », avec « un chômage chronique important, une faible croissance des salaires et un désastre budgétaire au coin de la rue ».
Les deux hommes doivent ensuite se rendre dans le Wisconsin avant de se séparer, Mitt Romney se rendant seul en Floride et en Ohio, deux des États-clés de la présidentielle.
(Source : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine