Après les championnats du monde de Helsinki en 2011, la médaille d’or hier à Londres fait entrer le perchiste tricolore chez les très grands.
Renaud Lavillenie a franchi le dernier échelon qui le séparait des sommets pour offrir hier, au terme d’un concours de la perche à suspense, sa première médaille d’or à l’athlétisme français aux Jeux olympiques de Londres.
Attendu comme jamais à ces JO de Londres, le rendez-vous qui devait le consacrer roi de sa discipline, le Français a démontré un mental que seuls les grands du sport possèdent. Le tsar Sergei Bubka a dû apprécier des tribunes la grinta du Clermontois mis dos au mur par deux Allemands déchaînés. Car il en fallait du cran et un vrai talent de compétiteur pour passer 5,97 m au dernier essai dans une telle atmosphère, une telle pression que représentaient les 5,91 m franchis par Otto et Holzdeppe. Un scénario quasi identique à celui qui avait tenu en haleine le public d’Helsinki au mois de juin aux championnats d’Europe.
Renaud Lavillenie avait dû faire front aux mêmes Otto et Holzdeppe, en effaçant là aussi 5,97 m, la meilleure marque de sa saison
Les deux espoirs de la perche allemande ont, une fois de plus, donné du fil à retordre au meilleur spécialiste actuel, contraint de tout miser sur un seul saut, finalement franchi avec un cran et une autorité hors pairs.
Le Français pensait pourtant avoir fait place nette d’entrée en franchissant dès son premier essai 5,65 m, 5,75 m puis 5,85.
Dès 5,65 m, l’Australien Steven Hooker, champion olympique en titre, le vétéran français Romain Mesnil, qui disputait sa première finale à ses quatrièmes Jeux, ou l’ancien champion du monde américain Brad Walker, avaient disparu.
Bond déterminé
À 5,85 mètres, ce sont les deux Russes, le médaillé d’argent de Pékin, Yevgeny Lukyanenko, et Dmitry Starodubtsev, ainsi que le favori du public britannique, Steven Lewis, qui s’effaçaient à leur tour. Ne restaient en lice que Björn Otto et Raphael Holzdeppe, qui avaient laissé des plumes chemin faisant.
Mais l’un comme l’autre, à la stupeur générale, franchissaient 5,91 m à leur premier essai, une barre que le Français, en revanche, ne parvenait pas à franchir.
Renaud Lavillenie se trouvait au pied d’un mur de 5,97 m, une hauteur qu’il était le seul des trois médaillés à avoir déjà franchie. Sa première tentative échouait assez nettement.
La deuxième, l’ultime, la cruciale, était finalement la bonne : une course d’élan parfaite, un bond déterminé, un franchissement net et sans bavures, et l’or était au bout de la perche.
Tableau des médailles
Or Argent Bronze Total
1. États-Unis 41 26 27 94
2. Chine 37 25 19 81
3. Grande-Bretagne 25 15 16 56
4. Russie 15 21 27 63
5. Corée du Sud 12 7 6 25
6. Allemagne 10 18 14 42
7. France 9 9 12 30
8. Hongrie 8 4 3 15
9. Australie 7 14 10 31
10. Italie 7 6 8 21


