Le Parlement japonais a adopté hier une loi pour doubler la taxe sur la consommation afin de contenir la dette colossale du Japon, un succès pour le Premier ministre Yoshihiko Noda. Le texte prévoit l’augmentation de cette TVA, sur la plupart des produits et des services au Japon, de 5 % actuellement à 8 % en avril 2014 puis à 10 % en octobre 2015. Cette réforme constituait l’objectif politique principal de M. Noda, afin de limiter la progression de la dette qui représente déjà plus de 200 % du PIB, soit la proportion la plus élevée parmi les pays développés. Les fonds dégagés doivent aussi permettre de financer de nouvelles places de crèche, payer une partie des pensions des retraités et prendre en charge leurs dépenses de santé. L’augmentation de la TVA avait été votée en juin à la Chambre des députés, où le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche) de M. Noda est majoritaire, mais de longues négociations ont été nécessaires avant que le Sénat, dépourvu de majorité stable, ne l’adopte hier avec 188 votes pour et 49 contre. Pour obtenir le soutien du Parti libéral-démocrate (PLD, droite) et du Nouveau Komeito (centre), le Premier ministre a dû promettre d’avancer le prochain scrutin législatif, qui devait normalement se tenir à la fin de l’été 2013. Avant d’affronter ces nouvelles élections, dont la date n’a pas encore été fixée, M. Noda devra franchir en septembre l’étape délicate de sa réélection à la présidence du PDJ, dont la conquête l’année dernière lui avait offert le poste de chef du gouvernement. De nombreux députés du parti, qui craignent pour leur siège, pourraient reprocher à M. Noda de leur avoir rendu la tâche encore plus ardue avec l’augmentation impopulaire de la TVA.
Tetsuro Kato, professeur de sciences politiques à l’université Hitotsubashi, a jugé que la réélection de M. Noda à la tête du PDJ le mois prochain était « incertaine ». « Bien sûr, l’augmentation de cette taxe est importante au vu des difficultés budgétaires de l’Europe, et du coup M. Noda va laisser sa marque dans l’histoire » politique de l’archipel où des hausses d’impôts provoquent toujours des psychodrames, a-t-il expliqué. « Mais l’éclatement de la crise politique n’a été que retardée par l’accord passé par le PDJ avec l’opposition. Le gouvernement de M. Noda ne devrait pas durer plus longtemps que ceux de ses prédécesseurs », a-t-il souligné. M. Noda est le troisième chef du gouvernement issu du PDJ.
(Source : AFP)