Bien triste fin pour Renard et les Françaises qui s’inclinent dans le temps additionnel face aux « Canucks » (1-0). Le Canada, qui décroche sa première médaille olympique par équipe depuis 1936, a réussi le parfait hold-up face à une équipe de France en manque de réussite.
Le poteau trouvé par Thiney (62e), la transversale qui a repoussé le tir de Thomis (63e) ou l’intervention de McLeod, la gardienne canadienne, sur sa ligne (78e) n’exemptent pas totalement la responsabilité des filles de Bruno Bini. C’est bien leur maladresse qui empêche l’équipe de France de conclure avec un sourire une campagne olympique plutôt brillante, si l’on enlève une défaite inaugurale devant les États-Unis (2-4), futurs finalistes, et une autre, aussi frustrante, concédée face aux Nipponnes (1-2). 25 tirs à 4, les chiffres suffisent pour mesurer le degré de l’attaque défense clairement établi en seconde période. Ce match a pourtant eu beaucoup de mal à démarrer. Était-ce la fatigue ou l’enjeu ? Les deux, mon général. Ou tout simplement l’efficacité des défenses, devant des attaques pas très inspirées non plus.
Encore quatrièmes !
Toujours est-il que sous un franc soleil inondant la pelouse du Coventry Stadium, il a fallu attendre une demi-heure de jeu pour que ce match fermé se décoince. À l’exception d’une tentative de Sinclair, la star canadienne, son ballon passant de peu au-dessus des cages de Bouhaddi (15e). La gardienne française, pointée du doigt face aux Japonaises (notamment sur le premier but), faisait passer quelques minutes plus tard des frissons dans le clan bleu en ratant sa sortie aérienne. Ce dont ne profitait pas Tancredi, la deuxième attaquante nord-américaine (27e). Il faut toutefois souligner que sur le coup, la portière de l’OL a été gênée par Renard. Le rythme s’accélérait en cette fin de premier acte, plutôt à l’avantage des Françaises, qui multipliaient les incursions aux abords de la surface des Canucks.
Un début de domination confirmée au retour des vestiaires, à l’image de la plus grosse opportunité bleue jusque-là, signée Louisa Necib. La talentueuse Lyonnaise reprenait dans la surface un centre en retrait de Thomis, sorti magistralement par McLeod (49e). S’ensuivaient alors d’autres rafales qui auraient dû trouver la cible. Eugénie Le Sommer s’en voudra notamment d’avoir manqué toutes ses tentatives (64e, 67e, 85e, 89e), quand ce n’était pas McLeod qui soulageait les siennes dans les airs. Tant pis, la France devait se résoudre à la prolongation pour forcer le coffre-fort canadien. Mais ce sont les Nord-Américaines qui commirent le parfait hold-up.
Une frappe de Kyle contrée par Renard revenait avec de la réussite dans les pieds de Matheson, qui poussait le cuir dans le but vide (1-0, 92e). Il fallait peut-être de la chance pour que le Canada remonte sur un podium olympique estival en sport collectif, ce qui le fuyait depuis 1936. C’est également la première fois que la médaille de bronze échappe à une nation européenne, la troisième place étant toujours tombée dans l’escarcelle d’une sélection européenne : Norvège (1996) et Allemagne (2000, 2004, 2008)...
Déjà quatrièmes lors du dernier Mondial, les Bleues mettront certainement du temps pour s’en remettre. Le coup est terrible.

