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Moyen Orient et Monde - Éclairage

L’Égypte, le Hamas et Israël désormais sous pression

Les trois parties seraient probablement obligées de coopérer afin de faire face aux problèmes sécuritaires liés au terrorisme.

L’attaque attribuée à des activistes islamistes qui ont tué 16 gardes-frontières égyptiens met la pression sur l’Égypte pour qu’elle reprenne le contrôle du Sinaï, mais aussi sur Israël, directement visé par ce commando.
L’Égypte, qui avait promis de venger l’attaque de dimanche, a lancé hier la plus importante opération militaire dans le Sinaï depuis des décennies à la recherche des responsables de cette attaque dont les auteurs avaient tenté ensuite de s’infiltrer en territoire israélien avant d’être neutralisés. « Les organisations extrémistes constituent une menace pour tout le Moyen-Orient, et pas seulement pour les Égyptiens qui ont mieux pris conscience et sont passés à l’action », a affirmé hier un haut responsable du ministère israélien de la Défense Amos Gilad. Cette attaque avait fait monter la pression sur l’Égypte pour rétablir la sécurité dans le Sinaï, mais pourrait aussi amener Le Caire à réclamer avec davantage d’insistance une révision partielle du traité de paix avec Israël, qui limite sa présence militaire dans la péninsule.
Certains en Égypte redoutent par ailleurs que cette affaire n’aggrave les tensions entre le camp islamiste dont est issu le nouveau président égyptien Mohammad Morsi et l’armée. Des divergences sont en effet apparues sur l’attitude à adopter vis-à-vis des Palestiniens de Gaza et du mouvement islamiste Hamas qui contrôle l’enclave, proche idéologiquement de M. Morsi. Alors que du temps du président Hosni Moubarak, Israël pouvait compter sur l’hostilité viscérale du pouvoir égyptien face aux islamistes palestiniens, la nouvelle donne politique au Caire rend la situation plus compliquée. « Ce crime va renforcer les institutions sécuritaires face à Morsi, et notamment leur donner des arguments pour contrer sa volonté d’alléger les restrictions sur les sorties des Palestiniens de Gaza », estime Emad Gad, du Centre al-Ahram d’études politiques et stratégiques du Caire. L’Égypte avait assoupli, fin juillet, les conditions d’entrée des Palestiniens sur son sol via le passage de Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza. Ce terminal a été immédiatement fermé après l’attaque.
Pour Israël, la multiplication ces derniers mois des attaques menées à partir du Sinaï, qui ont notamment coûté la vie à plusieurs Israéliens, devrait pousser Le Caire à prendre des mesures contre les « groupes terroristes ». Les responsables israéliens affirment que la coordination sécuritaire fonctionne avec Le Caire, tout en estimant que les Égyptiens n’ont pas assez pris la mesure du danger. « L’an dernier, Israël a autorisé sept bataillons égyptiens à entrer dans le Sinaï mais les autorités égyptiennes n’ont pas saisi l’occasion pour agir », affirme le général de réserve Dan Harel, ancien commandant de la région militaire sud.
De son côté, le Hamas a été sérieusement ébranlé par l’attaque dans le Sinaï. Selon le commentateur du quotidien israélien Yediot Aharonot, Alex Fishman, le Hamas est « totalement paniqué ». Il relève notamment la rapidité avec laquelle le mouvement islamiste a fermé les tunnels reliant la bande de Gaza à l’Égypte. L’expert pour les affaires arabes Guy Bechor estime de son côté que la menace provenant du Sinaï devrait forcer Israël, l’Égypte et le Hamas à coopérer. « Ces trois parties sont toutes menacées par le terrorisme islamique international, et maintenant elles sont obligées de coopérer », écrit-il sur son blog. « Israël commence à avoir de bons renseignements dans le Sinaï, mais il ne peut agir sur le sol égyptien. L’Égypte peut atteindre les centres terroristes et les éliminer, mais n’a pas les renseignements. » « Et le Hamas peut arrêter de hauts membres de ces organisations alors qu’ils sont encore à Gaza si l’Égypte fait pression sur lui. »
©AFP
L’attaque attribuée à des activistes islamistes qui ont tué 16 gardes-frontières égyptiens met la pression sur l’Égypte pour qu’elle reprenne le contrôle du Sinaï, mais aussi sur Israël, directement visé par ce commando.L’Égypte, qui avait promis de venger l’attaque de dimanche, a lancé hier la plus importante opération militaire dans le Sinaï depuis des décennies à la recherche des responsables de cette attaque dont les auteurs avaient tenté ensuite de s’infiltrer en territoire israélien avant d’être neutralisés. « Les organisations extrémistes constituent une menace pour tout le Moyen-Orient, et pas seulement pour les Égyptiens qui ont mieux pris conscience et sont passés à l’action », a affirmé hier un haut responsable du ministère israélien de la Défense Amos Gilad. Cette attaque avait...
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