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Moyen Orient et Monde - Russie

Le procès express des Pussy Riot tourne au grotesque

Débats expéditifs, avocats sermonnés par la juge, témoins de la défense refusés : les critiques fusent de toutes parts au procès des Pussy Riot à Moscou, qui tourne de plus en plus au grotesque. Jugées depuis fin juillet, assises dans une cage en verre, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été accusées de « hooliganisme » pour avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une « prière punk » contre le président Vladimir Poutine.
« Tout va très vite, nous voyons bien que la vérité n’intéresse personne », proteste l’avocat de la défense, Nikolaï Polozov, en marge d’une audience du tribunal. Me Polozov compare ainsi les audiences du tribunal aux procès de l’ère stalinienne en référence à leur côté expéditif. La défense dénonce aussi le traitement réservé aux jeunes femmes épuisées par des débats qui se terminent souvent tard le soir, alors qu’elles sont réveillées tôt le matin dans leur cellule où elles sont en détention provisoire. Quand une autre avocate de la défense, Violetta Volkova, demande de citer un expert comme témoin, la présidente du tribunal, Marina Syrova, balaie cette requête et l’accuse de perdre du temps. La juge refuse d’autres témoins cités par la défense, parmi lesquels l’avocat Alexeï Navalny, l’un des principaux opposants à M. Poutine. Elle insiste en revanche sur la nécessité d’entendre des témoins de l’accusation, tel un membre de la jeunesse orthodoxe, Oleg Ougrik. « Est-ce que vous vous définiriez comme quelqu’un de très croyant ? » demande le procureur, ignorant le brouhaha dans la salle, alors que Me Volkova quitte précipitamment la salle en signe de protestation.
À un autre moment du procès, la prévenue Maria Alekhina se plaint d’avoir « la tête qui tourne » après une audience qui s’est terminée après 22h00. Elle demande de limiter la durée des débats. La juge refuse. La prévenue proteste après avoir été examinée par un médecin appelé en urgence dans la salle du tribunal à la suite d’un malaise. Elle menace de ne plus participer à ce « procès illégitime ». « Les médecins vous ont examinée, vous violez la procédure judiciaire », rétorque la juge au cours d’échanges tendus avec la défense, lors de ce procès suivi par de nombreux journalistes russes et étrangers, ainsi que des personnalités et représentants d’ambassades occidentales.
« C’est un peu surréaliste la manière dont la juge interrompt les discussions à certains moments », a constaté la députée britannique Kerry McCarthy, du Parti travailliste, présente lundi à l’audience qui a clôturé les débats avant le réquisitoire du procureur et les plaidoiries. « Je n’ai pas le sentiment qu’il s’agit là d’un procès équitable et que les prévenues soient en mesure de faire valoir leur point de vue. Toutes les personnes à qui j’ai parlé s’attendent à une condamnation », a écrit la députée sur son compte Twitter pendant les débats.
(Source : AFP)
Débats expéditifs, avocats sermonnés par la juge, témoins de la défense refusés : les critiques fusent de toutes parts au procès des Pussy Riot à Moscou, qui tourne de plus en plus au grotesque. Jugées depuis fin juillet, assises dans une cage en verre, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été accusées de « hooliganisme » pour avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, encagoulées, avec guitares et sonorisation, une « prière punk » contre le président Vladimir Poutine.« Tout va très vite, nous voyons bien que la vérité n’intéresse personne », proteste l’avocat de la défense, Nikolaï Polozov, en marge d’une audience du tribunal. Me Polozov compare ainsi les audiences du tribunal aux procès de l’ère...
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