De retour de blessure, la Russe Aliya Mustafina a terrassé la compétition aux barres asymétriques hier au North Greenwih Arena, décrochant la médaille d’or avec un impressionnant et intouchable score de 16 133 points.
Avec les Jeux, la jeune Russe a repris son envol : d’abord avec l’argent derrière les États-Unis au concours par équipes puis médaillée de bronze au concours général, derrière l’Américaine Gabrielle Douglas et sa compatriote Victoria Komova, cette dernière n’a laissé à aucune autre concurrente le soin de la devancer hier aux barres asymétriques. « Il y a six mois, je n’aurais absolument pas pensé à cela. J’étais à des lieues de mon niveau. Parfois, j’ai été tentée de renoncer, mais j’ai vite chassé ces pensées, a estimé Mustafina. En prenant cette médaille de bronze au général, j’ai pris conscience que je pouvais surmonter ma blessure et faire mieux. »
Nouvelle reine de la voltige, la Russe marche ainsi dans les pas de la grande Korkhina, la double championne olympique des barres (1996 et 2000). « Je suis très contente de poursuivre la tradition russe », a souligné Mustafina.
Avec un mouvement soigné jusqu’à la pointe des pieds (16,133 points), elle a éclipsé les deux grandes prétendantes, la Chinoise He Kexin, la championne olympique de Pékin qui a pris l’argent, et la Britannique Elizabeth Tweddle, championne du monde 2006 et 2010, en bronze.
« Je suis sur une autre planète. C’était la médaille qu’il me manquait dans ma collection, et peu m’importait la couleur. Je pensais juste : s’il vous plaît, pas encore quatrième ! » a raconté la star britannique, qui devrait prendre sa retraite à 27 ans. Côté français, on pourra regretter l’absence de Youna Dufournet, qui n’a pas passé l’écueil des qualifications.
Premier titre pour des gymnastes brésilien et coréen
Chez les messieurs, Arthur Nabarrete Zanetti est devenu le premier gymnaste brésilien à remporter le titre olympique, en remportant l’or aux anneaux. Vainqueur à Pékin, le Chinois Yibing Chen a longtemps cru pouvoir conserver son titre avec une note de 15 800, mais a finalement été devancé par le Sud-Américain (15 900), dernier concurrent à passer. L’Italien Matteo Morandi (15 733) complète le podium. Pour sa sixième Olympiade, le Bulgare Iordan Iovtchev, le gymnaste le plus âgé de ces JO, a dû se contenter de la septième place.
Au saut de cheval, le Sud-Coréen Hak Seon-yang a décroché la médaille d’or (16 533), devant le Russe Denis Ablyazin (16 399) et l’Ukrainien Igor Radivilov (16 316).
La Corée du Sud n’avait jamais eu, elle, de champion olympique de gymnastique, jusqu’au jour d’hier, jour de gloire de Yang Hak-seon au North Greenwih Arena au saut de cheval.
À 19 ans, le petit extraterrestre a doublé l’or mondial avec le titre suprême grâce à sa signature : une lune salto avant tendu avec triple vrille, un saut labellisé à son nom depuis qu’il l’a réalisé à Tokyo en octobre. Avec cette trouvaille, le saut jugé le plus difficile actuellement, le Sud-Coréen est tout simplement intouchable quand il le passe comme ce fut le cas hier.
Rappelons que le Français Thomas Bouhail, médaillé d’argent à Pékin, a dû renoncer depuis plusieurs mois à défendre ses chances à Londres en raison d’une grave blessure à la jambe.

