Teddy Riner, le mastodonte français originaire de Guadeloupe, s’est adjugé la médaille d’or de judo en dominant le Russe, Alexander Mikhaylin, hier, en finale des 100 kg. Le quintuple champion du monde s’est imposé sur un waza-ari qui sanctionnait la passivité de son adversaire qui a refusé le combat, comme l’ensemble des adversaires du Français.
Né en Guadeloupe, Teddy Riner a un physique hors norme : 204 centimètres sous la toise et environ 138 kilos sur la balance. Un physique impressionnant qui ne le prive pourtant pas de faire preuve sur les tatamis d’une explosivité alliée à une technique qu’il continue d’améliorer au fil des mois.
« Physiquement, il est hors norme par sa qualité musculaire, sa coordination et sa vitesse. Pour quelqu’un de jeune comme lui, il montre aussi une grande intelligence dans le combat », explique à Reuters René Rambier, directeur technique du haut niveau français.
Le sociétaire du Levallois Sporting Club a débuté le judo à cinq ans, en même temps qu’il pratiquait de nombreux autres sports, afin, selon sa mère, de « canaliser son énergie débordante ».
En 2003, il décide de se consacrer uniquement à ce sport. Un an plus tard, il intègre l’Insep, prêt à faire une entrée tonitruante dans la cour des grands.
Alors qu’il est encore junior, il remporte son premier titre continental chez les seniors, puis est sacré au niveau mondial à Rio de Janeiro au nez et à la barbe de combattants bien plus expérimentés, en 2007.
« Réfléchi et humble »
Cet exploit ne l’empêche pas d’aller ensuite chercher un an plus tard le titre mondial chez les juniors, avant de tirer sa révérence dans cette catégorie d’âge.
Dès lors, plus rien ne l’arrête. Depuis ce premier sacre, il n’a perdu que deux combats dans un grand championnat : aux JO de Pékin en 2008 où il a tout de même obtenu le bronze et aux Mondiaux de Tokyo, en 2010, en finale des toutes catégories.
René Rambier dresse également un portrait plus intimiste du jeune homme, titulaire d’un baccalauréat en informatique et qui a intégré Sciences politiques. cette année, histoire d’avoir la tête aussi pleine que le corps bien fait.
« C’est un garçon plein de vie qui aime les gens. Il est jeune et cette jeunesse se caractérise par son humour, il est taquin, il embête toujours quelqu’un dans le bon sens du terme. Et paradoxalement, il est réfléchi et humble », souligne le technicien.
« Il a certainement un ou deux défauts mais que je ne lui connais pas encore. C’est un garçon simple qui respecte les autres, malgré son palmarès, et ça, c’est l’apanage des grands », conclut-il.
Malgré ses 23 ans, Teddy Riner est en train d’atteindre une maturité qu’il attribue à son vécu.
« J’ai été très tôt confronté à des adultes, c’est ce qui me donne cette maturité. À 14 ans, j’ai commencé à voyager. À 15 ans, j’avais quitté le cocon familial. Cela te fait grandir plus vite. Ce sont des sacrifices, mais je ne regrette rien », confiait-il le mois dernier dans une interview à Reuters.
Dans quatre ans, Teddy devrait retrouver le Brésil et Rio, théâtre de ses premiers exploits, pour tenter de décrocher un deuxième titre olympique.
Le phénomène XXL passerait alors à la taille XXXL.

