Mme Clinton, plus haute personnalité américaine à se rendre au Soudan du Sud depuis la partition, est restée à peine plus de trois heures à Juba, avant de redécoller pour Kampala, la capitale ougandaise où elle était arrivée jeudi soir en provenance du Sénégal, dans le cadre d’une longue tournée en Afrique dont elle visitera sept pays.
Parmi les litiges entre les deux Soudans, qui menacent de dégénérer en conflit ouvert, figurent la démarcation de la frontière commune, le statut de zones contestées et le partage de la manne pétrolière du Soudan d’avant la partition. Les deux pays s’accusent aussi mutuellement de soutenir des groupes rebelles sur le territoire de l’autre. Des pourparlers en cours à Addis-Abeba, sous l’égide de l’Union africaine (UA), n’ont pour l’heure débouché sur aucun progrès notable. Un ultimatum donné le 2 mai par le Conseil de sécurité de l’ONU aux deux pays pour régler leurs différends, sous peine de sanctions, a expiré jeudi soir et des États membres ont intensifié cette semaine leurs pressions. Mme Clinton a appelé hier Juba à conclure « un accord provisoire » avec Khartoum sur le pétrole afin de permettre une reprise de la production sud-soudanaise, à l’arrêt depuis janvier.
Le Soudan du Sud, qui a récupéré les trois quarts des réserves de brut du Soudan d’avant la partition mais dépend des oléoducs du Nord pour l’exporter, a fermé ses robinets, furieux que Khartoum prélève une partie de son pétrole faute d’accord entre eux sur le montant des redevances de passage. Cet arrêt de la production a privé le jeune État de 98 % de ses ressources et entraîné une forte poussée de l’inflation, tout en aggravant sérieusement la situation économique déjà difficile de son voisin. « Vous avez fait valoir votre point de vue de manière forte et irréfutable sur vos droits et vos ressources », a dit Mme Clinton à M. Nhial, mais « il faut que ces ressources coulent à nouveau pour que vous puissiez (en) bénéficier ». « Nous pensons qu’un accord provisoire avec le Soudan sur la production et le transport du pétrole peut permettre de résoudre les besoins à court terme de la population sud-soudanaise, tout en vous donnant les moyens et le temps de rechercher des solutions à plus long terme », parmi lesquelles un nouvel oléoduc, a-t-elle ajouté. L’aide américaine se poursuivra, mais « aide ne veut pas dire substitution », a-t-elle souligné, alors que Juba a appelé ses alliés à lui accorder des prêts pour pallier l’absence de revenus pétroliers.
Mme Clinton a rappelé « les liens très étroits » et antérieurs à l’indépendance, liant son pays aux dirigeants sud-soudanais. Washington a soutenu la rébellion sudiste, désormais au pouvoir à Juba, durant les décennies de guerre civile contre Khartoum. Néanmoins, « nous ferons savoir ce sur quoi nous sommes d’accord et ce sur quoi nous ne le sommes pas. Je ne pense pas que les États-Unis soient en permanence d’accord avec une quelconque nation », a-t-elle noté.
(Source : AFP)

