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Liban - Exécutif

Le Conseil des ministres refuse « d’épuiser la caisse publique »

« Il n’est pas permis de s’abstenir de corriger les copies d’examens et de paralyser la marche des administrations », souligne le cabinet.

Moment de complicité entre les ministres du Tourisme Fadi Abboud, de l’Agriculture Hussein Hajj Hassan et des Affaires sociales Waël Bou Faour. Photos Dalati et Nohra

La réunion ordinaire du Conseil des ministres, qui s’est tenue hier matin au Grand Sérail, a été axée sur la grève des fonctionnaires qui protestent contre le retard mis à la promulgation d’une nouvelle échelle des traitements et salaires dans le secteur public.
Le Premier ministre a rappelé que « c’est le gouvernement qui avait pris l’initiative, lors du débat sur le projet de budget, d’étudier le réajustement de l’échelle de salaires, en vertu du principe de l’égalité entre toutes les tranches sociales ». Il s’est dit surtout « surpris de l’escalade menée subitement par les enseignants, quand bien même notre dernière réunion avec leurs représentants a débouché sur une approbation de la plus grande partie de leurs demandes, comme en attestent d’ailleurs leurs déclarations médiatiques fort positives prononcées à l’issue de la réunion (du mardi 17 juillet) ». « Alors que l’on s’attendait à ce que les enseignants se remettent à la correction des copies, nous avons été surpris par la suspension, pour la seconde fois, de la correction et l’annonce de la grève de deux jours (hier et avant-hier) ». « Ce mouvement de contestation semble n’avoir de but que de briser l’autorité de l’État, et il met en péril le destin de 100 mille étudiants » (qui attendent les résultats des examens officiels, dont la notation est suspendue par les enseignants en grève), a dénoncé Nagib Mikati.

Diab : Entre la justesse des doléances et les droits des élèves
Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Hassan Diab s’est attardé sur « le destin des 60 000 élèves du brevet et 40 000 bacheliers ayant postulé à des universités étrangères ou qui risquent de ne plus bénéficier de leurs bourses s’ils dépassent les délais de leur inscription aux universités de leur choix ». Tout en reconnaissant le droit des enseignants à la grève et la justesse de leurs revendications, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a rappelé toutefois que « la nouvelle échelle des traitements et salaires dans le secteur public dans son ensemble a déjà obtenu l’aval du gouvernement, mais ne peut être mise en œuvre par un tour de magie ». C’est dans ce contexte d’ailleurs que le ministre des Finances a publié un communiqué précisant que son ministère « a déposé auprès du bureau du Conseil des ministres en juin dernier un projet de loi relatif à la hausse du salaire minimal et prévoyant une augmentation salariale proportionnelle à la cherté de vie, le temps de voter le réajustement de l’échelle des traitements et salaires dans le secteur public ». « Ce projet prévoit dans le détail les coûts du réajustement de l’échelle des salaires et les parts du budget de 2012 qui lui seront allouées », ajoute le communiqué, soulignant que « le projet évoque également le poids des coûts qui incomberont au Trésor si les fonctionnaires du secteur de l’enseignement devaient bénéficier de tranches de salaire exceptionnelles ».

L’enjeu de la stabilité financière
Finalement, le Conseil des ministres a clairement refusé « toute mesure susceptible d’épuiser la caisse publique ». Il a décidé sur cette base de confier à la commission ministérielle (11 ministres, sous la présidence de Nagib Mikati), chargée de l’étude du réajustement de l’échelle salariale, le suivi du dossier, jusqu’à aboutir à une solution « favorable à la stabilité sociale et financière ». La prochaine réunion de cette commission, qui sera la cinquième en date, devrait être fixée en début de semaine prochaine. Le Conseil des ministres a réitéré enfin sa mise en garde aux fonctionnaires, leur rappelant que la loi leur interdit de faire la grève. « Il n’est pas permis de s’abstenir de corriger les copies d’examens et de paralyser la marche des administrations et établissements publics », souligne le communiqué, qui se fonde sur l’article 15 du statut des fonctionnaires.
Par ailleurs, le gouvernement a approuvé le plan de réhabilitation des prisons, auquel il a alloué la somme de 250 millions de dollars US. La prochaine réunion du Conseil des ministres a été fixée au 30 juillet, au palais présidentiel de Baabda, où sera examinée la loi électorale, suivie d’une autre réunion, le 3 août, au Grand Sérail.
La réunion ordinaire du Conseil des ministres, qui s’est tenue hier matin au Grand Sérail, a été axée sur la grève des fonctionnaires qui protestent contre le retard mis à la promulgation d’une nouvelle échelle des traitements et salaires dans le secteur public. Le Premier ministre a rappelé que « c’est le gouvernement qui avait pris l’initiative, lors du débat sur le projet de budget, d’étudier le réajustement de l’échelle de salaires, en vertu du principe de l’égalité entre toutes les tranches sociales ». Il s’est dit surtout « surpris de l’escalade menée subitement par les enseignants, quand bien même notre dernière réunion avec leurs représentants a débouché sur une approbation de la plus grande partie de leurs demandes, comme en attestent d’ailleurs leurs déclarations médiatiques...
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