L’affiche officielle de la série télévisée.
Al-Azhar, principale institution religieuse de l’islam sunnite, basée au Caire, a émis un édit religieux (fatwa) affirmant que les représentations figuratives des prophètes et de leurs compagnons étaient interdites. Une fatwa similaire a été émise par Dar al-Ifta en Arabie saoudite (le comité permanent des recherches scientifiques et de la délivrance des fatwas). Si la représentation figurée n’est pas explicitement interdite dans le Coran, les théologiens sunnites s’accordent sur le fait que la représentation des figures religieuses est interdite car susceptible selon eux de conduire à l’idolâtrie, une pratique strictement interdite.
Des milliers de personnes se sont exprimées sur les réseaux sociaux pour dénoncer la série télévisée et appeler à ce qu’elle soit retirée du petit écran. « Les symboles de la nation (de l’islam) sont une ligne rouge », estime ainsi un internaute sur Facebook sur une page intitulée « Non à la diffusion de Omar ». Les acteurs « vont ternir l’image (des prophètes et des compagnons) en jouant d’autres rôles dans d’autres films, séries ou pièces de théâtre », a jugé un autre. Sur une autre page, on voit les portraits des acteurs avec les inscriptions « Honte aux musulmans ! » en gros caractères rouges.
Mais les producteurs de la série disent avoir reçu le soutien de plusieurs dignitaires religieux qui ont également examiné la véracité des faits historiques évoqués dans la série, notamment celui de l’influent théologien égyptien cheikh Youssef al-Qaradaoui.
Pour le critique de cinéma égyptien Tarek al-Shennawi, la représentation de Omar par une société de production saoudienne est le signe d’une défaite des institutions islamiques officielles comme al-Azhar et Dar al-Ifta en Arabie saoudite. « Beaucoup de ces institutions campent sur leurs positions, alors que d’autres ont depuis longtemps approuvé la représentation figurée », a-t-il expliqué. Sanaa Hashem, professeur à l’institut de cinéma du Caire, souligne qu’« en islam, il n’y a pas de sanctification. Représenter ces figures (à l’écran) est en accord avec cela (...) et favorise la discussion sur ces personnages, leurs rôles religieux et historique (...) ainsi que le développement intellectuel ».
© AFP


Le mollah Omar ? On a retrouvé sa mob ?
18 h 14, le 24 juillet 2012