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Moyen Orient et Monde - Révolte

Damas et Alep en pleine guerre ouverte

Au moins 188 morts hier ; vives critiques contre Moscou après son veto ; les USA contraints de renforcer les rebelles...

Au lendemain de la plus sanglante journée depuis le début de la révolte en mars 2011, avec plus de 300 morts, l’armée a lancé hier une contre-offensive pour reprendre les quartiers rebelles de Damas, « où s’étaient infiltrés des terroristes », selon une source de sécurité. Appuyée par des chars, elle a dit avoir « nettoyé » le quartier Midane, près du centre-ville, à la suite de violents combats. Emmenés par l’armée dans ce quartier fantôme à bord de blindés, les journalistes ont vu des douilles de tous calibres jonchant la chaussée, le minaret de la mosquée al-Majid troué par un obus et les façades d’immeubles criblées de balles. Après avoir donné l’assaut contre Qaboun la veille, l’armée a pénétré le matin dans les quartiers de Jobar et de Kfar Soussé, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Outre Midane, une source de sécurité a indiqué que l’armée contrôle désormais Tadamoun, Qaboun et Barzé. En revanche, de violents combats se poursuivaient toujours à Jobar, Roukneddine et surtout dans les « champs de Mazzé », Kfar Soussé et Daraya. Pendant ce temps, à Alep, capitale économique du pays, de violents combats ont également éclaté dans plusieurs quartiers, les premiers du genre, ouvrant un deuxième front dans ce conflit désormais décrit comme une « guerre ouverte ».
En fin de soirée, les troupes syriennes fidèles au président Bachar el-Assad ont pilonné la ville de Boukamal, à la frontière avec l’Irak, prise par les rebelles la veille, ont affirmé un officier de l’Armée syrienne libre (ASL) et des habitants. De plus, des rebelles syriens contrôlaient un poste-frontière avec la Turquie après des combats la veille et ont distribué à la population locale la cargaison de poids lourds qu’ils ont saisis. Petite consolation : trois généraux syriens ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis jeudi soir, ce qui porte à 24 le nombre de généraux syriens qui ont fait défection au cours de la crise actuelle, a annoncé hier un diplomate du ministère turc des Affaires étrangères.
Au total, ce sont au moins 188 personnes qui ont péri hier à travers le pays : 85 civils, 26 soldats et 17 rebelles, selon l’OSDH et les télévisions arabes. Parallèlement, des manifestations de faible ampleur se sont déroulées à Damas et Deraa. Le slogan des manifestants hier, jour de prière, est « Le ramadan de la victoire sera écrit à Damas », en allusion à la « bataille de libération ».

L’Irak dit stop
Fuyant les violences, « près de 30 000 personnes » se sont réfugiées au Liban (voir page 4). Autre voisin de la Syrie, l’Irak a annoncé ne plus être en mesure d’accueillir de nouveaux migrants en raison de la situation sécuritaire dans le pays. Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a exhorté les Nations unies à « intervenir de manière urgente » pour protéger les Irakiens qui se trouvent en Syrie et les aider à retourner dans leur pays. Parmi les réfugiés, une grande partie a quitté Damas et sa région, théâtre mercredi d’un attentat qui a tué quatre hauts responsables du cercle rapproché de Bachar el-Assad. Les funérailles officielles de trois d’entre eux, Daoud Rajha, Hassan Turkmani et le beau-frère de M. Assad, Assef Chawkat, ont eu lieu hier en l’absence du chef de l’État, selon l’agence SANA. M. Assad était représenté par le vice-président Farouk el-Chareh et son frère, Maher el-Assad.

30 jours
Face à ces violences, le Conseil de sécurité a prolongé hier pour une « ultime période de 30 jours » la mission des observateurs de l’ONU. Le vote a été unanime sur cette proposition présentée par les Européens. Le Conseil devait se prononcer sur le sort de la Misnus avant-hier soir sinon les observateurs auraient dû plier bagage en hâte pendant le week-end. La Russie avait menacé jusqu’à la dernière minute de mettre son veto au texte et avait mis sur la table, en compagnie du Pakistan, un projet de résolution rival qui renouvelait le mandat de la Misnus sans conditions. Selon le texte adopté, le délai de 30 jours ne pourra être dépassé que si Damas renonce à ses attaques à l’arme lourde et si la sécurité s’est suffisamment améliorée pour que la Misnus puisse faire son travail. Selon l’ambassadrice américaine Susan Rice, ce délai permettra aux observateurs de « se retirer en bon ordre et en sécurité ». Il faudrait des « circonstances peu vraisemblables » pour qu’ils restent sur place au-delà, a-t-elle jugé. Pour l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine en revanche, « la résolution ne parle pas de retrait mais de poursuite de la mission » qui peut toujours « jouer un rôle dans la réduction de la violence ».

Renforcer les rebelles
La veille, Moscou et Pékin avaient provoqué la colère des Occidentaux en opposant pour la troisième fois leur veto à une résolution du Conseil prévoyant des sanctions contre le régime, Washington promettant d’agir désormais « en dehors » du cadre de l’ONU. Toute action en dehors de l’ONU serait « inefficace », a néanmoins réagi le président russe Vladimir Poutine. Pour Salman Shaikh, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion Brookings, les États-Unis « doivent prendre maintenant une décision très claire : soutenez-vous (les rebelles) ou allez-vous les laisser être mis en déroute ? » « Nous sommes dans une phase extrêmement dangereuse : le régime va déverser toute sa puissance de feu, notamment à Damas et Alep, et une longue bataille s’annonce », explique l’expert, estimant que « les États-Unis et d’autres États-clés (du groupe des “ Amis du peuple syrien ” ) vont devoir intensifier leur soutien à l’opposition ».
Parallèlement, la Russie a en outre rejeté les critiques occidentales au lendemain du veto. Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch a déclaré que le projet de résolution était « absolument irréaliste », appelant les pays occidentaux à faire davantage pression sur les rebelles syriens pour qu’ils stoppent les combats.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part exprimé hier à Ljubljana, puis à Zagreb, sa « profonde déception » et sa « profonde frustration » après l’échec au Conseil de sécurité.
L’Union européenne va de son côté examiner dès lundi de nouvelles sanctions contre Damas, dont le renforcement de l’embargo sur les armes, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, évoquant une « guerre civile » en Syrie.

Départ civilisé
Dans la matinée, l’ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, avait provoqué un énorme buzz, déclarant que le président syrien « accepte de partir » mais « d’une façon civilisée ». « Il y a eu la rencontre à Genève du groupe d’action, le 30 juin, il y a eu un communiqué final qui prévoyait une transition vers un régime plus démocratique. Ce communiqué final a été accepté par Assad (...). C’est-à-dire, il accepte de partir », a tout d’abord déclaré le diplomate interrogé par Radio France internationale (RFI). La télévision d’État syrienne a rapidement démenti ces déclarations, qu’elle a qualifiées de « totalement sans fondement ». Dans un nouvel entretien à la chaîne d’informations en continu BFMTV, Alexandre Orlov est d’ailleurs revenu sur ses propos. « Si le président Assad a accepté (le communiqué final de Genève) qui prévoit une transition, ça veut dire que peut-être à l’intérieur de lui-même il est prêt à partir si tel est le résultat de ces négociations » devant en principe découler de l’accord du 30 juin, a-t-il dit. « C’est pour ça que j’ai employé le mot “départ civilisé” », a-t-il ajouté, affirmant que « dire maintenant que l’ambassadeur de Russie a dit que le président syrien est prêt à partir, c’est complètement faux ».
(Sources : agences et rédaction)
Au lendemain de la plus sanglante journée depuis le début de la révolte en mars 2011, avec plus de 300 morts, l’armée a lancé hier une contre-offensive pour reprendre les quartiers rebelles de Damas, « où s’étaient infiltrés des terroristes », selon une source de sécurité. Appuyée par des chars, elle a dit avoir « nettoyé » le quartier Midane, près du centre-ville, à la suite de violents combats. Emmenés par l’armée dans ce quartier fantôme à bord de blindés, les journalistes ont vu des douilles de tous calibres jonchant la chaussée, le minaret de la mosquée al-Majid troué par un obus et les façades d’immeubles criblées de balles. Après avoir donné l’assaut contre Qaboun la veille, l’armée a pénétré le matin dans les quartiers de Jobar et de Kfar Soussé, selon l’Observatoire syrien des...
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Départ civilisé ou nouvelle anecdote diplomatique dans une Syrie ou tout le monde se comporte en monstres ... Triste Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

03 h 14, le 21 juillet 2012

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Commentaires (1)

  • Départ civilisé ou nouvelle anecdote diplomatique dans une Syrie ou tout le monde se comporte en monstres ... Triste Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    03 h 14, le 21 juillet 2012

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