Ton sourire, Fadi, c’est le premier qui m’a accueillie il y a 8 ans, quand, la peur au ventre, j’intégrais une institution dont je ne connaissais encore rien. Ton sourire n’est en fait qu’un résumé de ta personne et de tout ce que tu as de bon à offrir : un cœur généreux, un cœur tendre, un cœur sensible, un cœur serviable, un cœur doux... un cœur qui, sous la pression de tant de vertus, t’a lâché alors même que tu te préparais à le donner à ton âme sœur, à quelques jours de là...
Débordant d’énergie, tu t’adonnes à tous genres de sports, avec un penchant particulier pour l’escrime dont tu es le champion national. Pas étonnant qu’avec la pointe de ton épée, tu aies touché tout ton entourage ; pas étonnant qu’au lieu de te faire des ennemis, elle ne t’ait apporté que des duels d’amitié et des affinités.
Fadi, tu as toujours réponse à tout. « Rah fasserlik madame », c’est ce que tu me lances sur un ton jovial quand je t’enquiquine avec mes questions qui paraissent si futiles aujourd’hui. Tu ne verras donc pas d’objection à m’expliquer pourquoi tu nous as quittés si tôt. Pourquoi Fadi ? Ta disparition, je n’arrive ni à la comprendre, ni à la gober, ni à l’accepter. Elle fait partie de ces disparitions qui resteront inexpliquées à tout jamais, malgré la foi, malgré la croyance...
Fadi, les Jeux olympiques, pour nous, tu les as gagnés. Mais, au risque de te faire de la peine, je ne peux m’empêcher de te reprocher d’avoir enfoncé ton épée droit dans nos cœurs, épée de Damoclès dont la pointe restera au plus profond de nous pour nous rappeler qu’un jour, nous avons eu la chance et l’honneur de te connaître.
À un de ces quatre Fadi ! Aujourd’hui, je me réserve le droit de te plagier et de te dire « Au revoir ya awédém »...
Niovi HADDAD

