Après de longs débats à huis clos, Ennahda a fini aussi par adopter une position sur la nouvelle Loi fondamentale de la Tunisie en cours de rédaction et qui réaffirme son engagement pour un régime parlementaire. Mais comme les deux alliés de centre-
gauche des islamistes à l’Assemblée nationale constituante (ANC) réclament un système aménagé pour laisser d’importantes prérogatives au chef de l’État, un haut responsable du parti a indiqué qu’un compromis sur la question était possible. « Les congressistes (d’Ennahda) ont voté à une majorité écrasante pour un régime parlementaire » pur, a déclaré le président du Congrès et ministre de la Santé, Abdelatif Mekki. « Nous considérons qu’un régime parlementaire garantit le mieux la démocratie. Mais nous sommes ouverts pour un consensus à l’ANC », a déclaré ensuite Rafik Abdessalem, le ministre des Affaires étrangères et gendre du chef historique d’Ennahda, Rached Ghannouchi.
L’ANC doit aboutir à un projet de Constitution à l’automne pour la tenue d’élections générales en mars. Les islamistes, forts d’une victoire aux élections d’octobre, les premières après la révolution de 2011, y sont le principal parti, mais ne disposent pas d’une majorité pour imposer leurs vues.
Dernier point à l’ordre du jour du Congrès, les délégués d’Ennahda doivent élire le Parlement du parti, le Majlis al-Choura, et leur président, poste que devrait conserver, sauf surprise, Rached Ghannouchi, qui a vécu en exil vingt ans durant. Selon M. Mekki, douze personnalités sont en lice dont les représentants de l’aile dure, Sadok Chourou et Habib Ellouze.
Ennahda s’est fixé pour objectif d’être une formation de consensus, mais doit concilier les modérés et les tenants d’une ligne plus radicale, qui seraient minoritaires.
Sur les réseaux sociaux, des Tunisiens se moquaient de ce rassemblement dont la conclusion ne cesse d’être repoussée, certains le comparant avec malice au conclave élisant le pape.
(Source : AFP)

