Des milliers de personnes se sont réunies place Tahrir pour manifester leur soutien au président Morsi. Photo AFP
Les avocats de M. Morsi ont immédiatement dénoncé une décision « politique », disant craindre qu’elle ne complique encore la crise dans le pays. « Ce jugement est nul et non avenu », a notamment déclaré l’un d’eux, Abdel Moneim Abdel Makssoud, lisant un communiqué à la presse.
Dans le même temps, des milliers de personnes se sont réunies sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour manifester leur soutien à M. Morsi et scander des slogans hostiles à l’armée jugée de mèche avec la HCC.
À l’ouverture de la session hier, le président de la Chambre basse, le Frère musulman Saad al-Katatni, avait assuré que le Parlement ne contrevenait pas à la loi en siégeant malgré tout. La position de M. Katatni est conforme à celle de la présidence, pour qui le décret de M. Morsi « ne contredit ni ne contrevient » au premier jugement de la HCC, car ce dernier peut ne pas être « immédiatement » appliqué. M. Katatni a indiqué dans un communiqué que le Parlement avait renvoyé l’affaire de l’invalidation de la Chambre basse devant la Cour de cassation.
Les députés des Frères musulmans et des fondamentalistes salafistes, qui dominent l’Assemblée, étaient présents, mais les élus d’autres partis notamment libéraux ont boycotté la session, certains qualifiant le décret de M. Morsi de « coup d’État constitutionnel ».
Après la dissolution de l’Assemblée, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a récupéré le pouvoir législatif, provoquant la colère de ceux qui veulent les voir quitter la politique.
Ces derniers développements illustrent l’épreuve de force engagée entre le nouveau président et le CSFA, surtout après l’adoption par les militaires d’une « déclaration constitutionnelle complémentaire » qui a considérablement affaibli la fonction présidentielle. La HCC a assuré qu’elle « n’était partie prenante dans aucune lutte politique » et que sa mission était de « protéger » la Constitution. Elle est néanmoins accusée par plusieurs groupes et hommes politiques d’être partiale.
Continuité
Sur un autre plan, la visite de Mohammad Morsi aujourd’hui en Arabie saoudite, son premier déplacement à l’étranger, témoigne d’une continuité dans les relations entre les deux piliers du monde arabe, condamnés à coopérer malgré leurs récentes frictions. La visite de M. Morsi, dont les liens avec le royaume wahhabite étaient historiquement empreints de méfiance, témoigne d’« une continuité dans les relations bilatérales quels que soient ceux qui sont au pouvoir au Caire », estime l’analyste saoudien Jamal Khashogji. Selon lui, « le royaume saoudien n’a pas de réserves à l’arrivée au pouvoir en Égypte des Frères musulmans », qui avaient pourtant opéré sous l’ex-président Hosni Moubarak un rapprochement avec l’Iran, le rival chiite de Riyad.
(Source : AFP)

