La publication de cette vidéo intervient quelques heures après une importante réunion internationale à Tokyo des bailleurs de fonds de l’Afghanistan, qui ont pressé les autorités afghanes d’améliorer les droits de la femme en échange de l’octroi d’une aide de 16 milliards de dollars d’ici à 2015. Les images sont évidemment horribles. Dans un petit village de la province de Parwanl, plusieurs dizaines d’hommes, assis par terre ou regroupés sur des toits de maisons à flanc de montagne, fixent la silhouette d’une femme recouverte d’un voile grisâtre, qui leur tourne le dos. L’accusée, assise sur ses talons, écoute son arrêt de mort, sans bouger ni chercher à s’enfuir. Tout juste se permet-elle de tourner fugitivement la tête en début de séquence. « Cette femme, fille de Sar Gul, sœur de Mostafa et épouse de Juma Khan, s’est enfuie avec Zemarai. Elle n’a pas été vue dans le village pendant environ un mois », énonce son vraisemblable juge, un homme portant une longue barbe noire, après avoir cité quelques versets du Coran condamnant l’adultère. « Mais heureusement, les moujahidine l’ont attrapée. Nous ne pouvons lui pardonner », poursuit le juge taliban. « Dieu nous dit d’en terminer avec elle. Juma Khan, son mari, a le droit de la tuer. » Une kalachnikov est alors tendue à un homme vêtu de blanc qui se poste deux mètres derrière l’accusée. Aux cris d’« Allah akbar », celui-ci tire deux premiers coups en direction de la femme qu’il manque. Une troisième balle la touche à la tête. La victime s’écroule. Ce qui n’empêche pas son bourreau de faire feu à encore dix reprises sur son cadavre.
Dans la foule, uniquement composée d’hommes, certains enregistrent la scène sur leurs téléphones portables. D’autres demandent au tueur d’arrêter de s’acharner. D’autres ont le sourire aux lèvres.
La version officielle est substantiellement différente. D’après Roshna Khalid, une porte-parole de la province de Parwan, Najiba, 22 ans, a été arrêtée par les talibans pour avoir eu des « relations » (extraconjugales) avec un commandant taliban du district de Shiwari, dans la province de Parwan.
Le ministère afghan de l’Intérieur a « fortement condamné » un acte « anti-islamique et inhumain » commis par « des tueurs professionnels ».
(Source : AFP)


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Quand l'honneur est " entre les pieds ", le cerveau, si l'on en a un, bien sûr, l'y est aussi !
07 h 10, le 10 juillet 2012