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Liban - Sécurité

Harb : Les données téléphoniques ont été communiquées à la police

Le chef de l’État promet au député que « tout sera fait pour identifier les auteurs de l’attentat déjoué ».

Le chef de l’État recevant hier Boutros Harb.  Photo Dalati et Nohra

Dans l’attentat manqué contre Boutros Harb, la police détient tant d’atouts qu’il serait impardonnable que l’enquête pour en identifier les auteurs piétine, comme le font et l’ont fait tant d’autres crimes directement ou indirectement politiques.
C’est du moins ce que pensent beaucoup d’observateurs, qui notent que les indices ne sont pas négligeables : portraits-robots, et peut-être films en provenance de caméras de surveillance locales des quatre individus qui plaçaient la charge explosive dans l’ascendeur de l’immeuble de la rue Sami Solh où se trouve le bureau du parlementaire ; traces d’ADN laissées par l’un des terroristes, qui a été maîtrisé et s’est identifié comme étant Rabih Mawla, avant d’être libéré par un faux agent de la Sûreté de l’État arrivé à bord d’une BMX-X5 aux vitres fumées, qui a fait mine de l’emmener ; traces d’ADN ou empreintes sur la boîte à outils qu’a abandonnée sur le toit de l’ascenseur l’un des exécutants de l’attentat (résultat au début de la semaine prochaine) ; sans compter, évidemment, les données téléphoniques en relation avec l’attentat déjoué, que le gouvernement s’est résolu – enfin – à livrer à la police, vu la gravité de l’incident et de ses répercussions possibles sur le plan national, s’il avait réussi.
Tout laisse croire, une fois de plus, qu’on est en présence de saboteurs professionnels, une équipe bien organisée, à en juger par la rapidité de la force d’intervention qui a évacué les terroristes, une fois leur tentative avortée.
On doit, semble-t-il, à la vigilance et au courage du gardien, d’un garde du corps et des habitants de l’immeuble, qui avaient jugé suspecte la présence de l’équipe de saboteurs et étaient intervenus pour leur demander des comptes, l’échec de la tentative d’attentat. Mais des zones d’ombre continuent d’entourer certaines séquences de l’opération. Ainsi de la deuxième voiture de secours arrivée sur les lieux, en sens interdit, pour venir à la rescousse des fuyards, avant de constater que ces derniers avaient été évacués et de repartir en direction du rond-point Tayyouné.
M. Harb a reçu hier à son domicile, à Hazmieh, le procureur général près la Cour de cassation, Saïd Mirza, ainsi que l’avocat du gouvernement auprès du tribunal militaire, Sakr Sakr, qui l’ont informé de l’état actuel de l’enquête. La réunion des trois hommes a duré une vingtaine de minutes, après lesquelles aucune déclaration n’a été faite.
De son côté, Marwan Charbel, ministre de l’Intérieur, a confirmé hier que les données relatives à l’attentat déjoué ont été fournies par le ministère des Télécoms, précisant que tous les services concernés ont été mobilisés et mis sur l’affaire : police judiciaire, renseignements des FSI et renseignements de l’armée. M. Charbel a jugé que la police « est supposée parvenir à des résultats, vu les données sur lesquelles elle a pu mettre la main ».

Harb dubitatif
Pour sa part, Boutros Harb reste dubitatif. Joint par L’Orient-Le Jour, le député rappelle que l’expérience passée, en la matière, n’est pas encourageante. M. Harb a rectifié par ailleurs des propos sortis de leur contexte lui faisant dire qu’il « n’est pas concerné » par les résultats de l’enquête. « J’attends bien sûr les résultats de l’enquête, souligne le parlementaire en substance, mais je me sens moins concerné comme personne que comme représentant d’une force politique, par ce qui vient de se passer. Comme personne, la chose est déjà derrière moi. Ce qui me pousse dans cette direction, c’est que les auteurs de l’attentat pourraient faire partie d’un groupe politique qui a le bras assez long pour paralyser l’enquête ou brouiller les pistes. »
Par contre, le député se félicite ouvertement de ce que l’attentat manqué ait enfin réveillé le gouvernement sur la gravité de la situation, et de ce que les forces de sécurité aient pu obtenir les données téléphoniques nécessaires en la matière.
Le leader maronite a été reçu hier par le chef de l’État, qui a condamné l’attentat et dénoncé « le retour à ces méthodes qui déstabilisent le pays ». « Les forces de sécurité ont des instructions fermes d’œuvrer à tirer cette affaire au clair, en identifier les auteurs et les commanditaires, et les traduire en justice », a assuré le chef de l’État à M. Harb.
Notons qu’un grand nombre de personnalités de tous horizons ont dénoncé la tentative d’attentat, où beaucoup ont vu une tentative de déstabiliser le Liban.
Dans l’attentat manqué contre Boutros Harb, la police détient tant d’atouts qu’il serait impardonnable que l’enquête pour en identifier les auteurs piétine, comme le font et l’ont fait tant d’autres crimes directement ou indirectement politiques.C’est du moins ce que pensent beaucoup d’observateurs, qui notent que les indices ne sont pas négligeables : portraits-robots, et peut-être films en provenance de caméras de surveillance locales des quatre individus qui plaçaient la charge explosive dans l’ascendeur de l’immeuble de la rue Sami Solh où se trouve le bureau du parlementaire ; traces d’ADN laissées par l’un des terroristes, qui a été maîtrisé et s’est identifié comme étant Rabih Mawla, avant d’être libéré par un faux agent de la Sûreté de l’État arrivé à bord d’une BMX-X5 aux...
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Tintin ! Tout cela ne va rien donner, les armes sont là pour menacer.

Robert Malek

14 h 48, le 07 juillet 2012

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Commentaires (1)

  • Tintin ! Tout cela ne va rien donner, les armes sont là pour menacer.

    Robert Malek

    14 h 48, le 07 juillet 2012

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