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Moyen Orient et Monde - Amérique Latine

La gauche est reine, mais la pauvreté perdure

Une gauche diverse, centriste ou radicale, a fermement pris les rênes en Amérique latine, mais continue de faire face au défi de la lutte contre les inégalités sociales, estiment des analystes alors que se déroule à Caracas un grand forum de la gauche régionale.
Né en 1990, le Forum de São Paulo, qui réunissait jeudi et hier 600 organisations de gauche, principalement latino-américaines, a consacré ses débats à « la crise du capitalisme mondial » et ses conséquences pour les pays de la région, dont l’immense majorité sont dirigés par des gouvernements progressistes. « Nous assistons à une étape très progressiste dans la région, parallèlement à la croissance économique de nos pays, alors que les économies occidentales sont en crise. C’est le moment pour les gouvernements de gauche d’appliquer leurs réformes sociales, car l’Amérique latine émerge avec son propre développement et ses perspectives », explique l’analyste argentin Ricardo Rouvier. Mais ce professeur de l’Université de Buenos Aires avertit qu’il faut « faire très attention » et mettre en place « les réformes par consensus », pour éviter des déstabilisations qui pourraient faire perdre le terrain gagné.
Durant la majeure partie du XXe siècle, des gouvernements de droite dure ont régné sur l’Amérique latine et c’est seulement à partir des années 1990 que la gauche a commencé à pouvoir gouverner sans être perçue comme une menace par les États-Unis.

Vers le centre
« La gauche latino-américaine est aujourd’hui plus forte que durant tout le siècle précédent, et il sera difficile de nier son influence, même si les gouvernements changeaient », particulièrement au Brésil, qui a beaucoup fait pour l’éradication de la pauvreté, souligne l’historienne vénézuélienne Margarita Lopez Maya. Pour Mme Lopez Maya, les gouvernements de centre gauche, comme au Brésil ou en Uruguay (dont les présidents Dilma Rousseff et José Mujica ont été incacérés sous les dictatures), « privilégient l’égalité et le combat contre la pauvreté, mais dans un modèle économique qui allie marché et politique étatique ». Selon elle, cette tendance est vouée à gagner du terrain sur celle plus « radicale » et « étatique » popularisée par Hugo Chavez, au Venezuela. Derrière la bannière d’Hugo Chavez, on compte l’Équateur, le Nicaragua et la Bolivie, alors qu’à l’opposé, le Chili et la Colombie sont les deux plus importants pays sud-américains encore gouvernés par la droite.
Au-delà de la vision idéologique, le politologue vénézuélien Carlos Romero estime que plusieurs pays de la région « font un virage au centre » pour des raisons pratiques, malgré l’influence de Hugo Chavez. Il cite par exemple Mauricio Funes, président du Salvador issu de la guérilla de gauche des années 1980, et qui « propose une voie socialiste » mais ne s’est jamais opposé aux États-Unis ou suivi les positions du président Chavez dans les grandes crises internationales. L’objectif du forum est de trouver des alternatives pour protéger les économies régionales des soubresauts de la crise économique mondiale tout en cherchant des opportunités de renforcer les gouvernements de gauche.
« Le chemin des réformes entreprises par la gauche dans la région est difficile et a des opposants, principalement dans les secteurs néolibéraux », explique par ailleurs M. Rouvier, citant le cas de Fernando Lugo, premier président de gauche du Paragay, destitué le 22 juin par un Parlement à majorité de droite. Ceci constitue « un avertissement fort » pour les gouvernements latino-américains. Mais les défis ne sont pas uniquement sur le front politique et Margarita Lopez Maya appelle les gouvernements à « aller plus loin dans le combat contre la pauvreté, pour parvenir à plus d’égalité en Amérique latine », un dossier « toujours pas réglé ».
(Source : AFP)
Une gauche diverse, centriste ou radicale, a fermement pris les rênes en Amérique latine, mais continue de faire face au défi de la lutte contre les inégalités sociales, estiment des analystes alors que se déroule à Caracas un grand forum de la gauche régionale.Né en 1990, le Forum de São Paulo, qui réunissait jeudi et hier 600 organisations de gauche, principalement latino-américaines, a consacré ses débats à « la crise du capitalisme mondial » et ses conséquences pour les pays de la région, dont l’immense majorité sont dirigés par des gouvernements progressistes. « Nous assistons à une étape très progressiste dans la région, parallèlement à la croissance économique de nos pays, alors que les économies occidentales sont en crise. C’est le moment pour les gouvernements de gauche d’appliquer leurs...
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