Le photographe américain Ron Nicolaysen confère aux phénomènes les plus microscopiques un supplément d’infini. Première exposition de l’artiste au Liban, à voir à la Cynthia Nouhra Art Gallery.
OLJ /
le 06 juillet 2012 à 01h09
«Avant de me savoir artiste, j’ai étudié la physique à l’université... pendant cinq minutes.» Ces cinq petites minutes ont pourtant marqué Roy Nicolaysen de manière indélébile: fasciné par le cosmos –plus pour les discussions philosophiques qui en découlent que pour ses théories mathématiques –, le photographe explore ici les «accidents» d’un événement physique simplissime – le mélange de particules d’huile et de vinaigre – comme écho au macrocosme le plus insondable. Le photographe se fait ici expérimentateur, mais pas démiurge: aucune image n’a été manipulée. Roy Nicolaysen a laissé agir spontanément les éléments et en a capté les différentes phases de réaction – et d’évolution – au contact de la lumière, issue d’un projecteur placé sous la mixture. Les couleurs sont translucides et habitées, les formes aériennes, les matières tactiles. Le tout semble s’harmoniser selon un cycle suivant sa propre logique. Autant de planètes, d’astres et de trous noirs appartenant à une autre dimension, en pleine expansion. Et, à l’instar du principe «Ce qui est en haut comme ce qui est en bas», du philosophe et alchimiste Hermès Trismégiste (IIe s. AV), on assiste ici à une symbiose du micro au macro – et inversement – : le cinétisme des planètes répond au mouvement des particules, et l’impression de doux flottement que ces dernières dégagent reflète aussi la danse des étoiles au-dessus de nos têtes. La dimension ludique de l’expérimentation est également présente dans le format même du cliché photographique: aucune photo n’a de sens prédéfini... À nous d’y projeter nos émotions suivant le parcours conféré à la lumière. Ron Nicolaysen nous offre à observer l’instantané d’un univers où les petites choses de la vie jouent à l’odyssée de l’espace. Un odyssée à portée des sens. Jusqu’au 19 juillet.
«Avant de me savoir artiste, j’ai étudié la physique à l’université... pendant cinq minutes.» Ces cinq petites minutes ont pourtant marqué Roy Nicolaysen de manière indélébile: fasciné par le cosmos –plus pour les discussions philosophiques qui en découlent que pour ses théories mathématiques –, le photographe explore ici les «accidents» d’un événement physique simplissime – le mélange de particules d’huile et de vinaigre – comme écho au macrocosme le plus insondable. Le photographe se fait ici expérimentateur, mais pas démiurge: aucune image n’a été manipulée. Roy Nicolaysen a laissé agir spontanément les éléments et en a capté les différentes phases de réaction – et d’évolution – au contact de la lumière, issue d’un projecteur placé sous la mixture. Les couleurs sont...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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