Michel Choueiri, présent sur tous les fronts du combat francophone...
QUÉBEC, de Zéna ZALZAL
Et c’est bien dommage, car ce grand rassemblement des forces vives de la société civile de la Francophonie, auquel ont été conviés plus d’un millier de représentants venus des cinq continents, donnait la part belle aux jeunes de moins de 30 ans. Qui sont, eux, les plus concernés par l’avenir de la francophonie et son adaptation aux réalités actuelles.
Mais le Liban était néanmoins bien représenté au niveau des intervenants aux grandes conférences, avec notamment Sami Aoun, directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la chaire Raoul-Dandurand de l’Université de Québec à Montréal, et Michel Choueiri qui, après deux mandats à la tête de l’Association internationale des libraires francophones, en est aujourd’hui le – toujours très actif – vice-président.
Arabité et francophonie
Participant à la première table ronde sur le thème des «Défis des grands espaces linguistiques: convergences et divergences», Sami Aoun a entamé son exposé par un hommage à Amin Maalouf dont il a considéré l’admission à l’Académie française «comme le couronnement des grands efforts de la francophonie dans notre espace arabophone».
Rappelant que «les Arabes, avant le colonialisme, faisaient déjà usage du français pour aller à la rencontre des autres», il a axé son intervention sur l’exploration des chemins et «des sentiers possibles pour un partenariat intelligent et égalitaire entre francophonie et arabophonie». Il s’agit d’essayer de tourner la page du français, «langue coloniale imposée», pour admettre qu’elle est de plus en plus une langue choisie et qui, à ce titre, doit s’accommoder de la concurrence des autres langues.
Affirmant que «l’arabité a besoin de l’aide logistique, des infrastructures et du savoir-faire – notamment au niveau numérique – de la francophonie, il a cependant signalé qu’il faudrait ici que la francophonie soit assez subtile pour ne pas apparaître comme ayant le projet de gommer la mémoire collective des Arabes ou comme étant à contre-courant de leur prise de conscience identitaire. Au contraire, cette arabité – qui a été dans le passé couvée et nourrie par la culture française – devrait s’épanouir sur un fond constitué des idéaux les plus dominants de la francophonie et de la modernité. En ce sens, l’arabité devrait s’affranchir de l’arabisme idéologique et dogmatique qui n’a fait que des déboires... D’autant qu’à ce niveau, le printemps arabe a été un pourvoyeur de sens parce qu’il fait un bon arrimage avec les idéaux qui ont déjà nourri la renaissance arabe, c’est-à-dire la traduction, la créativité, la double autonomie du religieux et du politique ainsi que le primat de la liberté et de la dignité humaine...», a estimé, en conclusion l’universitaire et politologue libanais.
Intervenant en tant que modérateur d’une rencontre autour de la «Diversité linguistique», Michel Choueiri a, pour sa part, développé avec ses «invités» (dont l’écrivain et président du Pen club Canada, John Ralston Saul, et Danielle Turcotte, de l’Office québécois de la langue française) un manifeste pour l’usage du français. Qui se résumerait par la formule suivante: «Défendre une langue, la promouvoir, la diffuser dans un contexte multilingue, ce n’est pas s’opposer, se fermer, mais tout au contraire aller à la rencontre des autres. C’est ouvrir sa langue, la renforcer, l’enrichir des mots des autres, résister à l’effritement linguistique en la mettant en contact avec des mots venus d’Afrique, d’Amérique, d’Europe, et permettant de nommer de nouvelles réalités...»
Il a, par ailleurs, également évoqué, au cours d’une table ronde sur «L’état du monde du livre et de l’édition», les problèmes de diffusion et de distribution du livre francophone du Sud vers le Sud et du Sud vers le Nord. Soulevant notamment la question des difficultés de diffusion et d’exportation des éditions francophones libanaises, Choueiri a appelé les auteurs libanais francophones de renom à se faire éditer au Liban pour encourager et promouvoir l’édition francophone locale. À bon entendeur...
Et c’est bien dommage, car ce grand rassemblement des forces vives de la société civile de la Francophonie, auquel ont été conviés plus d’un millier de représentants venus des cinq continents, donnait la part belle aux jeunes de moins de 30 ans. Qui sont, eux, les plus concernés par l’avenir de la francophonie et son adaptation aux réalités actuelles. Mais le Liban était néanmoins bien représenté au niveau des intervenants aux grandes conférences, avec notamment Sami Aoun, directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la chaire Raoul-Dandurand de l’Université de Québec à Montréal, et Michel Choueiri qui, après deux mandats à la tête de l’Association internationale des libraires francophones, en est aujourd’hui le – toujours très actif –...

