Enrique Peña Nieto célébrant sa victoire avec sa famille.Yuri Cortez/AFP
Dans son premier discours après l’annonce officielle de sa victoire dimanche soir, Peña Nieto a annoncé « une nouvelle stratégie » dans la lutte contre le crime organisé, sans en préciser les contours. Tout au plus a-t-il pris les devants pour repousser les soupçons qui pèsent sur le PRI de vouloir pactiser avec le crime organisé. « Que les choses soient claires ; face au crime organisé, il n’y aura ni pacte ni trêve », a-t-il martelé.
Cependant, certains analystes estiment que la tentation d’une négociation avec le crime organisé existe. « Il y a là un problème très grave et tout le monde va y regarder de très près », souligne Carlos Gallego, professeur à l’UNAM, estimant : « Je crois qu’ils vont chercher des négociations locales avec les trafiquants de drogue pour calmer les choses. » Une opinion que partage Howard Campbell, expert du Mexique à l’Université du Texas, à El Paso. Néanmoins, il nuance en estimant qu’une telle négociation exclurait le cartel des Zetas, le groupe criminel le plus sanguinaire du Mexique, constitué d’anciens militaires d’élite de l’armée. « On ne peut pas négocier avec les Zetas. Ils doivent être vaincus », souligne M. Campbell.
Le Parti action nationale (PAN) de M. Calderon a aussi été sanctionné par les électeurs pour ne pas avoir su freiner l’augmentation de la pauvreté qui touche 46 % de la population, selon des chiffres officiels. Pour Nicolas Lazo, le futur pouvoir mexicain « devra approfondir » la question des politiques à mettre en œuvre contre la pauvreté, « parce que c’est un point crucial ». Peña Nieto a axé une bonne partie de sa campagne à forte tonalité sociale sur un « revenu digne pour tous les Mexicains » et la mise en place d’un système universel de protection sociale. Parmi les mesures préconisées pour se doter des moyens d’une telle politique, figure une amélioration du système d’imposition dans le pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) où les prélèvements obligatoires sont les plus faibles, avec 21 % du PIB contre une moyenne de 36 % (33,5 % au Brésil et 30,7 % en Argentine).
« Pour modifier les choses, il faut une force politique, un consensus, une coalition gouvernementale qui puisse faire voter (au Parlement) des réformes, ce que n’a pas pu faire Calderon », soulignait avant l’élection Raul Feliz, chercheur au Centre de recherches et d’enseignement économiques (CIDE).
(Source : AFP)

