Burberry high-tech et Ferragamo tout en couleurs. Photo PixelFormula
Ouvrant les festivités le samedi 23 juin, Corneliani était suivi par Ermenegildo Zegna, Dolce & Gabbana, Burberry et Versace. À noter ce jour-là le défilé très attendu de Jil Sander, qui a présenté la première collection signée à nouveau par la créatrice fondatrice revenue aux manettes de sa griffe depuis février. Dimanche était le tour, entre autres, de Bottega Veneta, Salvatore Ferragamo, Trussardi et Roberto Cavalli. Au menu du lundi 25 juin, figuraient Gucci, Moschino et Missoni. Enfin, le marathon s’est achevé le mardi 26 juin avec en particulier Dsquared, Giorgio Armani et Diesel Black Gold.
Fendi
Après plusieurs saisons d’absence, Fendi homme a confirmé son come-back à Milan, optant, au lieu d’un défilé, pour une présentation-installation statique hébergée au sommet d’un édifice du célèbre architecte et designer milanais Giò Ponti. La marque a aussi présenté son nouveau parfum pour homme Fan di Fendi, dont la campagne publicitaire est interprétée par le musicien compositeur Mark Ronson.
Dolce&Gabbana
Baroque, Dolce&Gabbana a choisi de recourir pour son défilé à des Siciliens de la rue choisis personnellement par Domenico Dolce et Stefano Gabbana. Le marcel à grosses côtes, orné de rayures bleu ciel et rouges, semble être tombé d’un garçon de plage, tout comme le short hypercourt et moulant agrémenté d’une ceinture en cuir tressé. Les costumes – pantalon à pinces et veste légère – sont accompagnés d’une casquette : très Fifties. Le tee-shirt est XL et n’hésite pas à se parer de motifs baroques multicolores. Les couleurs se mélangent : la veste est ivoire et le pantalon gris souris. La classique chemise blanche se porte à col ouvert.
Burberrry
Les fashionistas aux goûts plus classiques se réfugieront chez Burberry, où le styliste maison Christopher Bailey a cassé la baraque en illuminant sa collection de couleurs métallisées hyperflash : jaune citron, orange, bleu électrique, vert gazon... Un résultat détonnant où un costume de coupe classique se porte avec un trench flottant dont les reflets brillants éblouissent. Les fans peuvent d’ores et déjà acheter les pièces phare de cette collection et les recevoir sous huit semaines.
Prada
Dans un décor blanc immaculé, les mannequins de Prada ont défilé dans des uniformes intemporels à la coupe impeccable : le pantalon est uni avec une large bande de couleur remontant des chevilles en passant par l’entrejambe comme une sorte de ganse inversée de pantalon de smoking. Pour le haut du corps, Prada propose une chemise avec un plastron en trompe-l’œil, un tee-shirt ample uni avec col claudine blanc ou alors un débardeur avec encolure blanche elle aussi. Les vestes de costume sont courtes avec des épaules renforcées.
Toutes les pièces tombent à la perfection sur les mannequins, qui défilent sur la musique inoubliable de Georges Delerue composée pour Le Mépris de Jean-Luc Godard et sur des chansons de son interprète principale, la mythique Brigitte Bardot. Les couleurs sont fortes et profondes : bordeaux, bleu aviateur, blanc, vert menthe... Les chaussures sont en cuir verni. La sandale, vernie elle aussi et bicolore, se porte avec des chaussettes noires et n’hésite pas à faire compagnie aux costumes. Une tenue symbole de cette collection spatiale que n’aurait pas reniée Hubert de Givenchy : un pantalon gris avec ganse inversée bordeaux accompagné d’un manteau blanc optique tout droit sorti de Savile Row.
Bottega Veneta
Moins radical, Bottega Veneta, l’Hermès italien, fait mouche avec « une collection inspirée du pull-over, un vêtement qui se retrouve dans les cultures traditionnelles et contemporaines du monde entier », selon les propres mots du styliste maison Tomas Maier. On commence par une série de tenues chocolat : tunique aérienne, pantalon étroit, pull avec zip dans le dos ou sur les côtés (c’est plus facile à enfiler et on peut s’aérer !). Comme toujours chez Tomas Maier, le diable est dans les détails : petites franges indiennes, lacet de poncho au niveau de
l’encolure...
Roberto Cavalli
Chez Roberto Cavalli, l’ambiance est toujours très rock avec des costumes de rocker dignes des Rolling Stones et ses traditionnels empiècements de lézard. Ici aussi, comme chez Versace et Burberry samedi, beaucoup de couleurs métallisées très flashy.
DSquared2
Ambiance plus hardcore chez DSquared2, où les jumeaux canadiens Dean et Dan Caten se sont replongés dans les années 80 en version noir et blanc : vestes en jean, ceintures cloutées, bottes de motard...
On oscille entre les Village People et Easy Rider : la casquette de cuir des bikers est omniprésente. Plus kitsch, la casquette en panthère, en duo avec une cravate.
Le pantalon est slim, bas sur la taille, et même très, très bas pour la version cuir qui ne supporte pas les bourrelets et se porte torse nu avec un chapelet de tissu noir. Les breloques et grosses chaînes, déjà vues notamment chez Versace, sont un accessoire indispensable.
Gucci
C’est un playboy aux couleurs pétillantes qu’a proposé la maison florentine Gucci pour le printemps-été 2013 lors de son défilé de prêt-à-porter masculin lundi à Milan. « Cette saison, l’homme Gucci retrouve sa part d’élégance méditerranéenne avec des lignes fines et des couleurs vives », a expliqué la styliste Frida Giannini. « Mon point de départ était une volonté évidente d’évoquer l’été par des couleurs pétillantes : une palette de couleurs exclusives avec des nuances de cuir vert, bleu, ocre, orange et rouge », a raconté la styliste.
La silhouette est nette, épurée : les pantalons de costume sont slim et éclatants de couleurs, accompagnés des célèbres mocassins Gucci, qui fêteront leurs 60 ans en 2013. Les matières sont naturelles, du coton délavé au raphia, en passant par la soie légère et le jersey. Côté cuir, du nubuck pour les tenues d’extérieur et du veau velours souple et sensuel pour les pantalons.
Pour le haut du corps, on enfilera selon l’occasion un polo blanc en maille ou une chemise avec dans l’encolure un discret foulard qui supplante la cravate hivernale. Les imprimés floraux, légers comme une caresse, resplendissent sur chemises et
tuniques.
Etro
Pas de smoking chez Etro, mais des maharadjahs somptueux coiffés de turbans qui défilent d’un pas mesuré et spirituel sur fond de mantras. Les yeux sont soulignés de khôl, le port hiératique. Les pantalons, vaporeux, sont amples mais se rétrécissent au niveau de la cheville, et les longues chemises s’ornent de somptueux imprimés aux couleurs du jardin d’Éden : un mélange de teintes automnales délavées par le soleil illuminées par des touches de couleurs vives (rouge, orange, violet...).
Les imprimés sur soie et coton, tous « Absolutely Made in Italy », éblouissent par leur richesse : du motif cachemire au vichy, en passant par du damassé. Malgré l’atmosphère orientalisante, la veste de costume s’intègre parfaitement, en coupe classique ou alors militaire avec brandebourgs (rouge ou blanche). Indispensable pour ce maharadjah très contemporain, la paire d’écouteurs oversize de MP3 déclinée dans les différents tissus utilisés pour la collection. L’accessoire devient ainsi vêtement et bijou.
Bilan : le style l’emporte sur la mode
« Il n’existe plus de tendances pour l’homme. À Milan, nous avons vu de tout. C’est sans doute l’une des conséquences de la crise. Désormais, le style l’emporte sur la mode », constate Beppe Angiolini, le président de la Chambre italienne des acheteurs. Pour l’été prochain, les couturiers milanais ont imaginé une garde-robe quasi classique, avec quelques pièces traditionnelles comme le blazer ou le costume, de plus en plus vendu, à mélanger avec d’autres pièces plus faciles et décontractées. Dans cette veine classique, le blanc fait son grand retour. Mais le vestiaire masculin s’autorise aussi sans complexe la couleur et les imprimés fantaisie.
L’homme apparaît moins agressif et sexy, privilégiant la simplicité, sans renoncer pour autant à l’élégance. Les matières sont toujours plus sophistiquées, que ce soit dans le registre des tissus techniques presque impalpables ou celui des laines fines et des cachemires de plus en plus légers. Mais le look est plus décontracté, moins construit.. Les chemisettes à manches courtes et les polos sont partout avec col et boutonnière surlignés d’une autre couleur dans un esprit fifties. Dans cet esprit, le short encore très présent se rétrécit. Le trench hyperléger devient incontournable. Tout comme le bomber, véritable must de l’été prochain, décliné dans tous les tissus, de préférence dans des soies légères imprimées ou dans des mélanges de matières en contraste.
Parfois les chemises s’allongent jusqu’à la cuisse, tout comme certains tricots portés comme des robes. L’esprit unisexe souffle sur plusieurs collections, où hommes et femmes défilent avec les mêmes vêtements (Prada, Umit Benam, Diesel Black Gold).


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