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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Les sanctions de l’Occident affectent profondément Téhéran

L’embargo du brut iranien pourrait peser sur les négociations nucléaires qui reprennent le 3 juilllet.
Les sanctions pétrolières européennes qui entrent officiellement en vigueur à partir de dimanche pèsent déjà lourdement sur l’Iran.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations pétrolières iraniennes ont chuté de 40 % ces six derniers mois, à 1,5 million de barils par jour. D’après des analystes basés à Téhéran, l’Iran stocke une partie de son brut à bord de pétroliers pour éviter d’être obligé de réduire sa production. Jusqu’à 42 millions de barils sont ainsi stockés, indique l’AIE, qui table sur la poursuite de la baisse des exportations au second semestre. L’Iran dément en bloc ces informations, annonçant au contraire une hausse de sa production et des exportations stables.
L’UE, qui absorbait 20 % des exportations iraniennes, a décidé en janvier un embargo total au 1er juillet, que la plupart des pays ont déjà mis en œuvre. Les « majors » européennes comme Shell ou Total ont ainsi arrêté leurs achats. L’Espagne et la Grèce ont aussi cessé leurs importations en avril, et l’Italie, premier importateur européen de brut iranien, devrait suivre dans les mois qui viennent. De même, les fortes pressions de Washington, menaçant de boycotter les sociétés impliquées dans le commerce du pétrole iranien, ont poussé plusieurs autres clients à réduire leurs achats pour échapper aux sanctions. Cinquième acheteur de brut iranien, la Turquie qui avait jusqu’à présent refusé d’appliquer les sanctions économiques occidentales a par exemple annoncé pour sa part une baisse de 20 % de ses importations.
La situation est cependant variable en Asie, qui absorbe 70 % des exportations iraniennes. L’Inde, deuxième client de l’Iran, a elle annoncé une réduction de 11 % de ses achats en 2012, et la Corée du Sud, troisième acheteur, a baissé de 40 % ses importations depuis le début de l’année. Le Japon, quatrième client de l’Iran, a de son côté baissé de 65 % ses achats en avril par rapport à l’année passée. Seule la Chine, principal partenaire économique de l’Iran et premier acheteur de son pétrole, a augmenté ses importations après une baisse au début de l’année. Les dirigeants iraniens avaient de plus affirmé avoir trouvé des acheteurs de substitution, mais sans dire lesquels.

90 au lieu de 150 !
Les sanctions pétrolières sont venues s’ajouter à un embargo bancaire qui perturbe depuis 18 mois le rapatriement par Téhéran de ses pétrodollars, plus de 100 milliards en 2011. Pour écouler son brut, l’Iran accepte désormais des paiements en monnaie locale, voire sous forme de troc. Il aurait même fait du « port-à-port » en Asie pour écouler des cargaisons, selon des informations circulant dans les milieux pétroliers.
Cette situation est d’autant plus dommageable pour Téhéran que les cours du brut sont tombés en juin à moins de 90 dollars le baril, alors l’Iran tablait sur une hausse au-delà de 150 dollars du fait de l’embargo européen. « L’accroissement de la production par d’autres pays, Arabie saoudite en tête, a permis d’éviter que la mise en place progressive de l’embargo ne déstabilise les marchés », constate un expert européen à Téhéran. « Entre la baisse des exportations, les rabais, les paiements en monnaies locales et les difficultés de rapatriement des devises, les sanctions commencent à coûter cher à l’Iran », souligne-t-il.
Par ailleurs, ces mêmes sanctions vont avoir un « impact négatif » sur les négociations nucléaires entre l’Iran et le groupe 5+1, a déclaré hier le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast. L’Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) ont en effet repris en avril leurs négociations sur les activités nucléaires de l’Iran pour tenter de trouver une issue diplomatique après quinze mois d’interruption, mais ils ont fait des progrès limités. Mais après trois séries de négociations à Istanbul, Bagdad et Moscou, les deux parties se sont mises d’accord pour continuer les discussions au niveau des experts le 3 juillet prochain à Istanbul. « Les mesures prises contre les intérêts nationaux de l’Iran (par l’UE) donneront une image négative d’hostilité contre notre nation (...) Les dirigeants européens feraient mieux de penser à leurs problèmes internes », a aussi affirmé M. Mehmanparast, ajoutant que les sanctions vont seulement « endommager » les relations entre l’Iran et l’Union européenne, et que « les sanctions (contre l’Iran) vont renforcer les problèmes économiques et sociaux des pays européens ».
« Nous avons l’habitude des sanctions et il n’y a rien de nouveau. J’espère que l’Union européenne prendra cela en compte et agira avec plus de raison », a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, selon l’agence ISNA. Interrogé à propos des négociations nucléaires, il a déclaré : « Les négociations vont dans le bon sens et l’issue sera positive. »
(Source : AFP)
Les sanctions pétrolières européennes qui entrent officiellement en vigueur à partir de dimanche pèsent déjà lourdement sur l’Iran.Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations pétrolières iraniennes ont chuté de 40 % ces six derniers mois, à 1,5 million de barils par jour. D’après des analystes basés à Téhéran, l’Iran stocke une partie de son brut à bord de pétroliers pour éviter d’être obligé de réduire sa production. Jusqu’à 42 millions de barils sont ainsi stockés, indique l’AIE, qui table sur la poursuite de la baisse des exportations au second semestre. L’Iran dément en bloc ces informations, annonçant au contraire une hausse de sa production et des exportations stables.L’UE, qui absorbait 20 % des exportations iraniennes, a décidé en janvier un embargo total...
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