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Moyen Orient et Monde - Présidentielle

Un Frère musulman pour la première fois à la tête de l’Égypte

Mohammad Morsi déclaré vainqueur, la confrérie veut maintenir la pression.

Des dizaines de milliers de personnes ont célébré hier sur la place Tahrir au Caire la victoire du Frère musulman Mohammad Morsi, dans des scènes de liesse sans précédent sur ce site emblématique depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011. Amr Abdallah Dalsh/Reuters

Le Frère musulman Mohammad Morsi a été déclaré hier vainqueur de la présidentielle en Égypte, devenant le premier chef de l’État élu depuis la chute de Hosni Moubarak en 2011. Il est aussi le premier islamiste à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. M. Morsi a obtenu 13 230 131 voix contre 12 347 380 à son rival Ahmad Chafiq, ancien Premier ministre de M. Moubarak, a déclaré le président de la commission électorale, Farouk Soltan. Selon la commission électorale, M. Morsi a obtenu 51,73 % des voix contre 48,27 % pour M. Chafiq, alors que le taux de participation au second tour du scrutin, qui s’est tenu les 16 et 17 juin, s’est élevé à 51 %.


Sitôt les résultats annoncés, le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), l’instance qui dirige le pays et gère la transition depuis la chute de M. Moubarak, a adressé ses félicitations au nouveau président, a rapporté la télévision d’État. Dans le camp Chafiq, la déception était vive. Plusieurs de ses supportrices ont hurlé, d’autres étaient en pleurs, alors que des hommes se sont pris la tête entre les mains. Le responsable de communication de la campagne de M. Chafiq, Ahmad Baraka, a quant à lui refusé de commenter cette défaite.
En revanche, place Tahrir au Caire, la victoire de M. Morsi a été saluée par une explosion de joie. Plusieurs milliers de ses partisans ont crié « Allah akbar », lancé des feux d’artifice et scandé « À bas le pouvoir militaire ». Les Frères musulmans, eux, ont annoncé que la victoire de leur candidat ne mettra pas fin aux manifestations contre la dissolution du Parlement et contre les mesures réduisant les pouvoirs du chef de l’État. « Les manifestations pacifiques vont se poursuivre à travers l’Égypte. Le combat pour une nouvelle Égypte ne fait que commencer », a déclaré Gihad Haddad, membre de la confrérie. « Nous allons continuer à exercer une pression pour le changement sur tous les fronts : par le programme (électoral) Renaissance, par des manifestations et en unissant rapidement les Égyptiens pour former un nouveau gouvernement qui se mette au travail », a dit Hassan Malek, également membre de l’organisation islamiste.


Le président égyptien élu a rendu hommage peu après l’annonce de sa victoire à l’armée et la justice pour avoir assuré le bon déroulement de la présidentielle.


En soirée, lors d’une allocution télévisée, M. Morsi a rendu hommage aux « martyrs » de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011. « Je ne serais pas ici maintenant, en tant que premier président élu par la volonté libre des Égyptiens, sans la grâce de Dieu et (...) le sang des martyrs », a-t-il déclaré dans son premier discours à la nation en tant que président élu, ajoutant qu’il est « le président de tous les Égyptiens, sans exception », qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Il a promis également de respecter les traités internationaux signés par son pays.
L’Église copte orthodoxe d’Égypte a félicité le président élu, selon la télévision publique.


Né dans le gouvernorat de Charqiya, dans le delta du Nil, M. Morsi est âgé de 60 ans et diplômé d’ingénierie de l’Université du Caire en 1975. Il a également obtenu en 1982 un doctorat de l’Université de Caroline du Sud, aux États-Unis. Il est marié et père de cinq enfants. Durant sa campagne, il a cherché à gommer son image d’apparatchik islamiste pour se poser en champion du changement et du rassemblement. Promesses de préserver les acquis de la révolution, de garantir les droits de la minorité chrétienne et de ne pas forcer les femmes à porter le voile : M. Morsi a multiplié les assurances pour séduire au-delà des islamistes. M. Morsi avait été surnommé la « roue de secours », car il avait remplacé au pied levé Khaïrat al-Chater, le premier choix de la confrérie, dont la candidature a été invalidée. Peu charismatique et sur la défensive lors de ses premières apparitions publiques, il n’avait, aux yeux de nombreux experts, pas le profil d’un favori. Mais au fil de la campagne, il a pris de l’assurance et du mordant, bénéficiant en outre de l’immense réseau militant des Frères musulmans.

Portrait

Mohamed Morsi, un Frère musulman qui se veut président du rassemblement

 

Analyse

Le nouveau président égyptien sera confronté à d’énormes défis politiques, sociaux et économiques

Le Frère musulman Mohammad Morsi a été déclaré hier vainqueur de la présidentielle en Égypte, devenant le premier chef de l’État élu depuis la chute de Hosni Moubarak en 2011. Il est aussi le premier islamiste à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. M. Morsi a obtenu 13 230 131 voix contre 12 347 380 à son rival Ahmad Chafiq, ancien Premier ministre de M. Moubarak, a déclaré le président de la commission électorale, Farouk Soltan. Selon la commission électorale, M. Morsi a obtenu 51,73 % des voix contre 48,27 % pour M. Chafiq, alors que le taux de participation au second tour du scrutin, qui s’est tenu les 16 et 17 juin, s’est élevé à 51 %.
Sitôt les résultats annoncés, le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), l’instance qui dirige le...
commentaires (5)

Bon vent donc à M. Morsi qui me paraît quand même un peu moins excité que M. Chater...bien sûr,il faut ci et il faut çà...des réformes et tout et tout...mais il faut surtout rendre au peuple égyptien sa bonne humeur légendaire,son goût pour les noktas,et sa danse du ventre....sa sécurité et ses touristes...et même si certains ici souhaitent que l'Egypte redéclare la guerre à Israël le plus tôt possible(forcément ,c'est pas eux qui se battront),d'abord un peu de répit pour le peuple,svp...

GEDEON Christian

08 h 30, le 25 juin 2012

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Commentaires (5)

  • Bon vent donc à M. Morsi qui me paraît quand même un peu moins excité que M. Chater...bien sûr,il faut ci et il faut çà...des réformes et tout et tout...mais il faut surtout rendre au peuple égyptien sa bonne humeur légendaire,son goût pour les noktas,et sa danse du ventre....sa sécurité et ses touristes...et même si certains ici souhaitent que l'Egypte redéclare la guerre à Israël le plus tôt possible(forcément ,c'est pas eux qui se battront),d'abord un peu de répit pour le peuple,svp...

    GEDEON Christian

    08 h 30, le 25 juin 2012

  • Le monde politique sunnite se reveille a peine, il n'a que l'age des 1eres revoltes, les Ikhwans vont s'inspirer de la revolution iranienne qui a boute hors d'Iran les yanky avec leur politique sioniste a plein tube. Les egyptiens prendront le temps qu'il faut mais comprendront que la 1ere chose a faire, c'est se debarasser du pouvoir militaire actuel, et reajusteront leurs objectifs sur l'etat raciste impuni pendant trop longtemps. C'est une revolution qui semble sentir bon, les prises de conscience se feront au fur et a mesure que les bensaoud se replieront comme des peaux de chagrin avant de definitivement capoter.

    Jaber Kamel

    07 h 11, le 25 juin 2012

  • la peste ou le choléra

    Talaat Dominique

    05 h 38, le 25 juin 2012

  • Tout comme je l'avais dis pour la Tunisie, Le peuple a parlé et a élu suivant un système de vote démocratique reconnu, son nouveau président. Il faut respecter le choix du peuple, quelque soient les différentes opinions que l'on ait de sa personne, de son parti et des idées qu'il véhicule. Il sera donc jugé de la même manière suivant ce même système sur ses agissements. Souhaitons donc à Monsieur Morsi la bienvenue et que Dieu l'accompagne dans sa nouvelle et très difficile mission... Je pense qu'il faut voir cette élection comme une étape nécessaire dans le changement politique (le redimensionnement du pouvoir militaire assassin et pro sioniste) de ce ô combien important pays dans notre région.

    Ali Farhat

    04 h 36, le 25 juin 2012

  • Aujourd'hui je parle analyse. J'ai entendu, hier, le discours du nouveau Président de la République Egyptienne. Il a parlé de liberté et de Démocratie. Il a parlé des droits de la femme. Il a parlé de respecter tous les engagements internationaux et régionaux de l'Egypte. Il a invité Musulmans et Chrétiens Egyptiens à travailler ensemble pour le bien de l'Egypte. Il est vrai qu'il y a l'armée qui tient encore les rênes du pouvoir de façon à ne pas permettre de dérapage. Malgré cela, si le nouveau Président met en pratique ce qu'il a dit et promit dans son discours d'hier, l'aube d'une nouvelle Démocratie vient de se lever sur les rives du Nil. Toutes les appréhensions ne sont pas encore à classer dans l'oubli, mais une vriae Démocratie laïque, dans ce grand pays Arabe, donne de l'Espoir que, si les débordements et les emportements fanatiques des printemps sont contrôlés ou jugulés ailleurs, comme semble-t-il en Egypte, un changement radical et une ère nouvelle viennent effectivement de naître. Ne nous empressons pas encore à juger et l'affirmer. Le temps, les jours à venir, nous le diraient.

    SAKR LEBNAN

    00 h 25, le 25 juin 2012

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