Anders Behring Breivik tout sourire pendant l’audience d’hier. Scanpix/Roald Berit/AFP
Pour justifier sa demande d’internement, le parquet a invoqué une expertise officielle de deux experts qui ont conclu que Breivik souffrait de « schizophrénie paranoïde », un diagnostic suffisant, aux yeux des procureurs, pour jeter le doute. Cette évaluation officielle a ultérieurement été contredite par une contre-expertise et par l’ensemble des autres psychiatres appelés à témoigner au tribunal d’Oslo, y compris ceux qui ont observé Breivik en détention. Contrairement aux deux auteurs de la première évaluation, tous ces spécialistes se sont entendus pour dire que l’extrémiste de 33 ans présentait des troubles de la personnalité – une condition insuffisante pour éviter la prison –, mais pas de psychose.
Avant de condamner un individu à la prison, les juges doivent être convaincus qu’il est pénalement responsable au-delà du doute raisonnable, sans que l’on sache précisément où la barre se situe. Ce doute doit alors jouer en faveur de l’accusé, passible dès lors de la peine jugée la plus douce. « Nous ne sommes pas convaincus ni sûrs que Breivik est (pénalement) irresponsable, mais nous sommes dans le doute », a souligné M. Holden.
Avant d’être menotté et reconduit par les policiers, Breivik s’est levé et a fait son salut d’extrême droite, en portant son poing fermé sur la poitrine puis en tendant le bras droit, dans un signe de bravade vis-à-vis de l’accusation.
La santé mentale du prévenu a été la question centrale du procès qui s’achève aujourd’hui avec la plaidoirie des avocats après 10 semaines de procédure. La défense devrait quant à elle demander l’acquittement puisque l’accusé a choisi de plaider non coupable ou, à défaut, qu’il soit reconnu responsable et condamné à la prison. Tenant à être reconnu sain d’esprit pour ne pas voir son idéologie invalidée par un diagnostic pathologique, Breivik estime qu’un internement psychiatrique serait « pire que la mort ».
Dans un système norvégien généralement considéré comme très libéral, certains ont agité le spectre que le tueur puisse être un jour relâché après un séjour dans un établissement psychiatrique. Mais la seconde procureure, Inga Bejer Engh, a tenté de dissiper ces peurs, laissant entendre qu’il ne recouvrerait probablement jamais la liberté même si les juges suivaient le réquisitoire du parquet.
Selon un sondage paru hier, près de trois Norvégiens sur quatre estiment qu’il est suffisamment sain d’esprit pour être condamné à la prison plutôt qu’à un internement psychiatrique. En dernier ressort, il reviendra aux juges de trancher la délicate question de la responsabilité pénale dans leur verdict attendu le 20 juillet ou le 24 août.
(Source : AFP)

