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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Négociations difficiles et tendues à Moscou entre l’Iran et les 5+1

Les discussions reprennent aujourd’hui ; un échec serait lourd de conséquences.

La délégation iranienne dirigée par Saïd Jalili et celle des grandes puissances sous la direction de Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, se sont retrouvées hier dans un grand hôtel de Moscou. Kirill Kudryavtsev/Pool/Reuters

Les grandes puissances du Groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni plus l’Allemagne) ont repris hier à Moscou des négociations cruciales et difficiles de deux jours avec l’Iran, dans l’espoir que l’imminence d’un embargo pétrolier et les pressions de la Russie convaincront Téhéran de céder sur son programme nucléaire controversé. Toutefois, les deux parties ne sont pas parvenues hier à rapprocher leurs positions. « La principale pierre d’achoppement est le fait que les positions des parties sont assez complexes et difficilement compatibles », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, à l’issue de la première journée de discussions. Ce nouveau cycle de négociations est considéré comme la « dernière chance » de régler la crise par la voie diplomatique.
La délégation iranienne dirigée par Saïd Jalili et celle des grandes puissances sous la direction de Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, se sont retrouvées dans la matinée dans un grand hôtel de la capitale russe. Ali Bagheri, adjoint de M. Jalili, a insisté au cours d’un point de presse sur « le droit absolu de la République islamique de l’Iran à l’enrichissement d’uranium ». « Les pourparlers ont été très sérieux et constructifs », a-t-il commenté, soulignant que Mme Ashton avait promis de répondre aujourd’hui aux propositions iraniennes. « Nous avons promis les uns aux autres d’examiner nos positions réciproques. Beaucoup dépendra des appréciations qui seront faites », a dit le porte-parole de la délégation européenne, Michael Mann.
Avant même le début des discussions, M. Jalili les a qualifiées de « grand test pour voir si l’Occident » est contre que l’Iran fasse des « progrès » ou non. Selon la délégation européenne, les grandes puissances maintiennent leurs exigences à l’égard de l’Iran : arrêter l’enrichissement d’uranium à 20 % et échanger le stock d’uranium enrichi à 20 % contre du combustible nucléaire dont Téhéran a besoin. « Notre priorité consiste à ce que les Iraniens abordent la question des 20 % », qui rapproche l’Iran du niveau d’enrichissement nécessaire à la fabrication de la bombe atomique (90 %), a déclaré M. Mann. En contrepartie, les 5+1 proposent un allègement des sanctions internationales ainsi qu’une coopération dans plusieurs domaines nucléaires civils.
Au cours des deux précédents cycles de négociations, à Istanbul en avril, puis en mai à Bagdad, les parties s’étaient séparées sur le constat de leurs divergences, notamment sur l’enrichissement d’uranium à 20 %. Cette activité chère à l’Iran, soupçonné par les grandes puissances et Israël de vouloir se doter de l’arme atomique, est au cœur des discussions. Un échec des négociations pourrait être lourd de conséquences, dans la mesure où les États-Unis et l’État hébreu ont recommencé à évoquer l’éventualité d’une option militaire pour bloquer le programme nucléaire iranien, sur fond de menaces de nouvelles sanctions. Les pourparlers de Moscou interviennent avant l’entrée en vigueur le 1er juillet d’un embargo pétrolier de l’Union européenne contre l’Iran et du renforcement des sanctions des États-Unis, avec des restrictions imposées aux pays achetant du pétrole iranien.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé que l’Iran cesserait l’enrichissement d’uranium à 20 % s’il recevait des grandes puissances la « garantie » qu’elles lui fourniraient le combustible nucléaire dont il a besoin. À en croire le quotidien russe Kommersant, citant des sources diplomatiques, les grandes puissances vont proposer à l’Iran un compromis prévoyant que Téhéran réduise le niveau de l’enrichissement d’uranium dans son usine de Natanz à 3,5 % ou 5 %. D’après ce compromis, Téhéran devrait aussi geler toutes ses activités d’enrichissement dans son usine souterraine de Fordo, voire fermer cette unité. Mais, tard en soirée, en marge du sommet du G20 au Mexique, les présidents américain Barack Obama et russe Vladimir Poutine ont appelé l’Iran à respecter « pleinement » ses obligations et à « faire la preuve de la nature pacifique » de son programme nucléaire.
(Source : AFP)
Les grandes puissances du Groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni plus l’Allemagne) ont repris hier à Moscou des négociations cruciales et difficiles de deux jours avec l’Iran, dans l’espoir que l’imminence d’un embargo pétrolier et les pressions de la Russie convaincront Téhéran de céder sur son programme nucléaire controversé. Toutefois, les deux parties ne sont pas parvenues hier à rapprocher leurs positions. « La principale pierre d’achoppement est le fait que les positions des parties sont assez complexes et difficilement compatibles », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, à l’issue de la première journée de discussions. Ce nouveau cycle de négociations est considéré comme la « dernière chance » de régler la crise par la voie...
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