Nick Wallenda devant les chutes du Niagara, qu’il traversera demain sur un fil d’acier. Photo Reuters
«C’était mon rêve depuis que j’ai six ans», s’enthousiasme Nik Wallenda. «J’ai attendu 27 ans, et il va devenir réalité», ajoute-t-il. Issu d’une famille de funambules et d’artistes de cirque depuis sept générations, les «Wallenda volants», Nik Wallenda, marié et père de trois enfants, s’est préparé sans peur au défi qui l’attend. Il estime qu’il lui faudra environ 40 minutes pour traverser pas à pas le vacarme du gouffre de la rivière Niagara, juste au-dessus des chutes. Une traversée de quelque 550 mètres, à 60 mètres au-dessus des eaux.
Pour la première fois, Wallenda a accepté, à regret, de porter un harnais de sécurité. «Je n’en ai jamais porté de ma vie, de toute ma carrière», explique le funambule, deux fois cité dans le livre Guinness des records pour ses exploits à vélo sur un fil. Mais son principal sponsor, la chaîne de télévision ABC, qui a prévu une retransmission spéciale de 3 heures autour de l’événement, le lui a demandé. «Je n’en suis pas ravi, mais je n’ai pas le choix», ajoute-t-il. Il ne s’en est pas moins entraîné avec un infini sérieux. «Je me suis entraîné sur un câble aux longueur et tension comparables à celui que je vais emprunter au-dessus des chutes. Et nous avons aussi simulé des vents violents, jusqu’à 90 km/heure, et une forte brume, afin que je sois préparé à toutes les éventualités», dit-il. La condition physique est essentielle, mais plus encore, le mental, estime celui qui a commencé à marcher sur un fil à l’âge de 2 ans.
Le défi est d’autant plus difficile que le câble d’acier, d’un poids de sept tonnes, n’est pas stabilisé au-dessus de l’eau. Wallenda entamera sa traversée aux États-Unis, et descendra sur son fil d’environ 10 mètres jusqu’au milieu des chutes, avant de lentement remonter d’autant, aidé par son balancier de 14 kg, pour atteindre la berge du côté canadien. Faute d’être stabilisé, «le câble va bouger sous mes pieds, plus que ce à quoi je suis habitué. Et il y a la brume, parfois épaisse, et les vents qui peuvent venir de multiples directions», dit-il. Comme chaque fois qu’il monte sur un fil, il fera une prière demain soir, avant de se concentrer et se lancer dans l’aventure. Même si l’idée de la mort, parfois, lui traverse l’esprit – «mon arrière-grand-père a perdu la vie en tombant d’un fil», rappelle-t-il–, il n’a pas peur. «Je respecte ce que je fais, je sais que les dangers sont nombreux. Mais avoir peur est très dangereux, en fait, cela rend la chose impossible», ajoute-t-il.
Demain, ses enfants présents sur place regarderont en direct leur père tenter d’accomplir son rêve de gosse, s’avançant au-dessus des chutes dans des chaussons spéciaux confectionnés par sa mère. «Une sorte de mocassins indiens, avec une semelle de daim, pour à la fois me protéger et me permettre de bien sentir le fil», précise-t-il fièrement. Quelque 4500 spectateurs sont attendus du côté américain, et plus de 40000 sur la berge canadienne, selon les autorités locales.
La dernière traversée des chutes sur un fil remontait à juillet 1896. Elle était depuis interdite. Les autorités locales ont fait une exception pour Wallenda, soulignant «le rôle que les cascadeurs ont joué dans l’histoire et pour la promotion des chutes du Niagara». Elles espèrent bien en retirer des bénéfices touristiques.
(Source : AFP)

