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Moyen Orient et Monde - Communautés

L’Ouest birman commence à inquiéter l’ONU

Des violences meurtrières entre musulmans et bouddhistes ont fait près de 25 morts depuis vendredi.
Un haut responsable des Nations unies est arrivé hier dans l’ouest de la Birmanie, touché depuis plusieurs jours par des violences meurtrières entre communautés musulmane et bouddhiste qui posent un défi croissant au régime de Naypyidaw.
Deux jours après l’annonce par les Nations unies du retrait d’une partie de leur personnel sur place pour des raisons de sécurité, Vijay Nambiar, conseiller spécial pour la Birmanie du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a donc atterri à Sittwe, capitale de l’État Rakhine. Une ville où régnait un calme précaire, sous une pluie torrentielle une partie de la journée. « Nous sommes ici pour observer et évaluer comment continuer à apporter notre soutien », a indiqué Ashok Nigam, responsable de l’ONU en Birmanie qui accompagnait Nambiar. L’émissaire est immédiatement reparti pour le nord de l’État à Maungdaw, à la frontière avec le Bangladesh, où il devait passer la nuit. Il était accompagné du ministre birman des Frontières, le général Thein Htay, et de quinze responsables musulmans venus de Rangoun, a précisé un responsable birman.
C’est à Maungdaw, ville peuplée en majorité par la minorité musulmane apatride des Rohingyas, qu’avaient éclaté vendredi des violences communautaires qui se sont étendues à Sittwe. Elles ont fait suite au lynchage de dix musulmans le 3 juin dans le sud de l’État, par une foule de bouddhistes en colère qui voulait venger le viol d’une femme. Les affrontements ont fait environ 25 morts et 41 blessés depuis vendredi, selon un responsable gouvernemental birman. Selon la presse officielle, quelque 1 600 maisons ont été brûlées. Des milliers de personnes ont également été déplacées, fuyant des villages incendiés avec des rudiments de bagages sous l’œil des forces de sécurité. Plusieurs sources ont fait ces derniers jours état de bilans plus lourds. L’AFP n’a pas pu les vérifier, et ses journalistes n’ont pas été en mesure de se rendre dans beaucoup des zones de l’État touchées par les violences, pour des raisons de sécurité. Le président Thein Sein, qui fait face à l’une des crises les plus graves depuis sa prise de pouvoir en mars 2011, a lancé dimanche un appel au calme qui n’a pour l’heure pas été entendu, et les États-Unis et l’Union européenne ont déjà tous deux exprimé leur inquiétude en appelant les parties à la retenue.
Dans ce contexte, des centaines de Rohingyas ont tenté depuis lundi de traverser en bateau vers le Bangladesh, mais les autorités du pays les ont repoussés vers la Birmanie. « Ce n’est pas dans notre intérêt que de nouveaux réfugiés viennent de Birmanie », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dipu Moni, alors que quelque 300 000 Rohingyas vivent déjà dans le pays. Les autorités ont toutefois fait une exception pour un bébé, une petite fille d’un mois et demi découverte toute seule sur un bateau dans la nuit de mardi à mercredi.
Mohammad Islam, représentant des réfugiés Rohingyas vivant dans le camp de Nayapara, au Bangladesh, a de son côté appelé à l’aide la leader de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi. « Aung San Suu Kyi n’a rien dit ni fait pour nous, alors que les Rohingyas, dont mes parents, ont fait campagne pour elle lors des élections de 1990. » Aung San Suu Kyi a entamé hier un voyage aux allures de tournée triomphale en Europe, où elle prononcera son discours de lauréate du prix Nobel de la paix et affinera son image d’icône mondiale de la démocratie.
         (Source : AFP)
Un haut responsable des Nations unies est arrivé hier dans l’ouest de la Birmanie, touché depuis plusieurs jours par des violences meurtrières entre communautés musulmane et bouddhiste qui posent un défi croissant au régime de Naypyidaw.Deux jours après l’annonce par les Nations unies du retrait d’une partie de leur personnel sur place pour des raisons de sécurité, Vijay Nambiar, conseiller spécial pour la Birmanie du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, a donc atterri à Sittwe, capitale de l’État Rakhine. Une ville où régnait un calme précaire, sous une pluie torrentielle une partie de la journée. « Nous sommes ici pour observer et évaluer comment continuer à apporter notre soutien », a indiqué Ashok Nigam, responsable de l’ONU en Birmanie qui accompagnait Nambiar. L’émissaire est...
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