Toutefois, comme cela a été le cas depuis un an en Tunisie à chaque éruption de violences liées à des questions religieuses ou morales, les autorités ont aussi dénoncé les « provocations » artistiques supposées avoir mis le feu aux poudres. Les violences ont démarré à la suite d’une controverse autour d’une exposition, « Printemps des arts », à La Marsa où des œuvres ont été jugées offensantes pour l’islam. En cause notamment : un tableau de l’artiste Mohammad Ben Slama représentant une femme quasi nue avec en arrière-plan des hommes barbus, et une toile façon bande dessinée représentant un salafiste furieux. Dans leur communiqué, les trois présidences ont ainsi condamné « l’atteinte au sacré », qui « ne procède pas de la liberté d’opinion et d’expression et qui vise à provoquer et à semer la discorde ainsi qu’à profiter d’une situation sensible pour nourrir les tensions ». Le mouvement Ennahda a également dénoncé l’atteinte au sacré et appelé à manifester vendredi après la prière. Ces prises de position ont consterné des artistes tunisiens, qui ont dénoncé « la lâcheté » des autorités et « un conservatisme absolument incompatible avec la liberté de création et d’expression ».
Ennahda vs el-Qaëda
Par ailleurs, le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, a rejeté tout lien entre les violences et l’appel au soulèvement en Tunisie lancé dimanche par le chef d’el-Qaëda Ayman al-Zawahiri. « Ayman al-Zawahiri n’a pas d’influence en Tunisie. Cet homme est une catastrophe pour l’islam et pour les musulmans » et le courant salafiste, « dont seule une minorité prône la violence, n’a pas de lien » avec l’organisation terroriste, a ainsi lancé M. Ghannouchi.
Alors que le calme semblait être revenu, un groupe de salafistes et des habitants d’une cité de Jendouba se sont affrontés hier après-midi avant d’être séparés par les forces de l’ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation, a rapporté l’agence TAP. Les affrontements, à coups de gourdins et d’objets tranchants, auraient éclaté après l’agression d’un agent de la garde nationale par des salafistes.
Sur un autre plan, Zine el-Abidine Ben Ali a été condamné par contumace à perpétuité par un tribunal militaire pour son rôle dans la sanglante répression à Thala et Kasserine, deux villes du centre du pays emblématiques de la révolution tunisienne, a rapporté l’agence TAP. La peine capitale avait été requise contre le président déchu, réfugié en Arabie saoudite et poursuivi avec 22 anciens responsables de son régime pour la mort de 22 personnes, tuées entre le 8 et le 12 janvier 2011.
(Source : AFP)


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