La tribu éthiopienne Konso fête l’inscription de son paysage culturel au patrimoine mondial de l’Unesco. Jenny Vaughan/AFP
Quand on navigue en bateau, on est impressionné par la quantité de détritus qui flottent. Dans la mangrove, en bordure de la baie, on trouve de tout : vêtements, chaussures, divans, télévisions... « La baie de Rio (ou baie de Guanabara) est aujourd’hui une immense latrine et une poubelle », déplore le biologiste Mario Moscatelli qui, depuis 1997, dénonce la pollution dans l’État de Rio. « Elle est victime de tout ce qu’elle reçoit des rivières qui, elles, pâtissent du déversement incontrôlé des égouts », reconnaît Gerson Serva, responsable du projet d’assainissement de la baie, à l’initiative du gouvernement local.
M. Serva explique que quinze municipalités sont traversées par des rivières qui déversent dans la baie 20 000 litres d’eaux usées par seconde. De ce total, seulement un tiers est traité et 10 % du reste subit un processus naturel de décomposition. Lancé pendant le Sommet de la Terre Rio- 92, il y a vingt ans, un programme de dépollution de la baie a consommé la coquette somme d’un milliard de dollars, financés par la Banque interaméricaine de développement (BID), l’Agence de coopération internationale du Japon (JICA) et le gouvernement de Rio. Mais vingt après, les résultats sont maigres. « Cela a été le plus grand programme d’assainissement réalisé dans l’État de Rio, mais il y a eu beaucoup d’erreurs de gestion, et un grand nombre de travaux sont inachevés », admet Gerson Serva.
Récemment, le gouvernement de Rio a signé un nouveau contrat avec la BID pour un programme de construction et de développement des réseaux d’égout dans les municipalités autour de la baie, doté d’un budget de 640 millions de dollars. Pour M. Moscatelli, il faudra une vingtaine d’années pour assainir la baie, mais des actions de court terme donnent déjà des résultats.
Il y a douze ans, le projet « Mangrove vivante » à Magé a démontré qu’il était possible de restaurer la végétation tropicale rongée par la pollution. Ce projet administré par l’ONG Onda Azul se concentre sur 1,6 km2 et cherche à transformer la zone reboisée en parc écologique. Des membres de l’ONG ont inventé un système de protection des jeunes boutures de palétuviers avec des bouteilles en plastique qui sont retirées quand l’arbre est assez fort pour résister aux prédateurs. Près de 120 000 m2 de mangrove ont ainsi été reboisés et une seconde zone de 160 000 m2 a vu 40 % de sa végétation rénovée. « La mangrove est un véritable berceau marin. Nous avons un grand nombre d’oiseaux, de mammifères et de reptiles répertoriés. Plusieurs espèces de poissons et 70 % des crabes se reproduisent déjà dans la mangrove restaurée », se félicite Adeimantus da Silva, un des initiateurs du projet.
(Source : AFP)

