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Liban - Environnement

Colère à Chekka contre la mise en place d’un incinérateur de déchets

L’installation d’un incinérateur de déchets dans cette ville industrielle du Nord a été entourée par la municipalité d’un grand secret.

« Nous avons appris la construction d’un incinérateur dans notre ville par hasard, au détour d’une conversation avec un ouvrier qui y travaille. » Pierre Abi Chahine, du Comité de protection de l’environnement à Chekka, au Liban-Nord, ne décolère pas. Hier, dans l’après-midi, il faisait partie des dizaines d’habitants descendus dans la rue pour protester contre l’installation, par la municipalité, d’un incinérateur de déchets dans leur ville. Ils portaient des banderoles avec des messages tels que « Non aux incinérateurs », ou alors « La pollution de l’amiante nous suffit ».


« Chekka est déjà extrêmement polluée, explique Abi Chahine. Les cas de maladies se multiplient, l’amiante y est toujours omniprésente... Avons-nous besoin d’une source supplémentaire de pollution ? Si les autorités ne se préoccupent pas de notre sort, nous devons nous protéger nous-mêmes. »


Le scandale, selon lui, c’est le secret dont la municipalité a entouré ce projet d’incinérateur. « Aucune étude environnementale n’a été publiée, nous n’avons aucune information sur cette machine, déplore l’écologiste. Quelques recherches nous ont appris que ce modèle, très ancien, n’est plus utilisé en Europe. Je crois que cet incinérateur est usagé. »


Selon Abi Chahine, le ministère de l’Environnement, alerté par les habitants, a, une première fois, empêché l’installation de l’incinérateur, avant de rebrousser chemin et d’accorder à la municipalité un permis temporaire pour une période d’essai de trois semaines. Nous n’avons pu joindre le ministre de l’Environnement, Nazem Khoury, hier en soirée pour de plus amples informations.

 « Un précédent au Liban »
Le président de la municipalité, Farjallah Kfoury, était injoignable hier. Mais un autre responsable municipal accompagnait les habitants au cours de leur rassemblement, le président de la Fédération des municipalités du Koura, Karim Bou Krim. « Chekka se trouve dans le caza de Batroun, mais la ville est située à la frontière du Koura, explique-t-il. Le vent souffle de l’est vers nos localités. Étant donné que l’incinérateur sera apparemment installé près de cette frontière, cela signifie que toute pollution n’affectera pas seulement Chekka, mais également le Koura. »


Ce qui inquiète Bou Krim, c’est le peu de renseignements dont on dispose sur ce genre d’incinérateurs. « Comment fonctionne-t-il ? Dégage-t-il un taux de dioxine (matière cancérigène) supérieur à la norme ? Sera-t-il conforme aux normes internationales ? » se demande-t-il. Il ajoute : « Si le fonctionnement de cet incinérateur n’a pas de conséquences sur la santé et l’environnement, pourquoi la municipalité n’organise-t-elle pas des tables rondes pour sensibiliser la population aux informations dont elle dispose ? »


Le responsable municipal se dit également surpris par l’attitude du ministère. « Sur quelles bases accorde-t-il un permis temporaire pour tester cet incinérateur ? Comment pourra-t-on surveiller sa performance ? L’État n’a pas d’instruments pour mesurer le taux de dioxine qui s’en dégage. Et puis l’installation d’un incinérateur pour les déchets ménagers est un précédent au Liban. Si le ministère dispose d’informations suivant lesquelles les incinérateurs sont inoffensifs, il devra nous les communiquer afin que toutes les municipalités s’en procurent. Mais dans le cas contraire, je pense qu’il faut traiter un sujet aussi grave de manière plus scientifique. »


Abi Chahine, lui, a d’autres appréhensions, qu’il exprime dès qu’on lui demande si cet incinérateur sera utilisé seulement par Chekka, ou s’il desservira d’autres villes également. « Le président du conseil municipal assure qu’il peut nous protéger, mais je ne le crois pas, explique-t-il. Il y a, au Nord, des leaders politiques très puissants. S’ils exercent leur influence, ils réussiront probablement à convaincre la municipalité de lui envoyer leurs ordures et de les brûler chez nous. Pour cette raison et pour le bien de notre population, notre position est claire et inébranlable : nous refusons l’installation de cet incinérateur dans notre ville. »

« Nous avons appris la construction d’un incinérateur dans notre ville par hasard, au détour d’une conversation avec un ouvrier qui y travaille. » Pierre Abi Chahine, du Comité de protection de l’environnement à Chekka, au Liban-Nord, ne décolère pas. Hier, dans l’après-midi, il faisait partie des dizaines d’habitants descendus dans la rue pour protester contre l’installation, par la municipalité, d’un incinérateur de déchets dans leur ville. Ils portaient des banderoles avec des messages tels que « Non aux incinérateurs », ou alors « La pollution de l’amiante nous suffit ».
« Chekka est déjà extrêmement polluée, explique Abi Chahine. Les cas de maladies se multiplient, l’amiante y est toujours omniprésente... Avons-nous besoin d’une source supplémentaire de pollution ? Si les autorités...
commentaires (4)

Mais pourquoi faire cet "incinérateur" ! Il suffit de persister à rejeter tous les déchets par bâbord à la mer comme de bien entendu

Antoine-Serge KARAMAOUN

12 h 31, le 12 juin 2012

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Commentaires (4)

  • Mais pourquoi faire cet "incinérateur" ! Il suffit de persister à rejeter tous les déchets par bâbord à la mer comme de bien entendu

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    12 h 31, le 12 juin 2012

  • Si c'était uniquement la MAFUA des ordures. LA MAFIA TOUT COURT !

    SAKR LEBNAN

    08 h 04, le 12 juin 2012

  • La mafia des ordures...elle existe dans tous les pays...la région de naples en est unexmple frappant...j'ai parlé de Naples,hein,pas de Chékka...

    GEDEON Christian

    06 h 40, le 12 juin 2012

  • Si les faits se sont déroulés tels relatés dans l'article, cette colère est justifiée.

    Robert Malek

    04 h 47, le 12 juin 2012

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