Dans la journée, les routes du Akkar étaient encore coupées par des pneus brûlés.Roula Naeimeh/Reuters
Échange...
La libération de cet habitant de Wadi Khaled, de confession sunnite, devait avoir lieu quelques heures après celle du Libanais alaouite, Hekmat Youssef Khalil, enlevé dimanche par les habitants de Wadi Khaled en représailles au rapt d’un des leurs.
Hekmat Khalil, un habitant de la localité alaouite de Aïn el-Zeit, d’âge mûr, effectuant le commerce de bétail avec le village de Wadi Khaled, devait servir de monnaie d’échange. Mais il était officiellement considéré par les habitants de Wadi Khaled comme « leur hôte », à l’instar des cinq autres otages, dont deux Libanais et trois Syriens.
Dans l’après-midi, c’est aux présidents des municipalités de la région de Dreib que les habitants de Wadi Khaled avaient remis le Libanais alaouite. Cette libération, considérée par les habitants de Wadi Khaled comme « un acte de bonne foi », était la conséquence de contacts entrepris par les dignitaires locaux. Les villageois espéraient la libération de Mohammad Sleiman Ahmad, « enlevé en territoire libanais et remis par ses ravisseurs aux autorités syriennes », comme ils l’ont indiqué. Ils ont aussi affirmé qu’« ils ne souhaitent de mal à personne » et qu’ils « croient en la coexistence entre toutes les composantes du tissu social de la région ». Entre-temps, ils poursuivaient leur sit-in sur la route principale, où ils avaient dressé une tente.
Dans les détails, c’est au domicile du président de la municipalité de Hayché, Douham Nayef, qu’avait eu lieu la libération de Hekmat Khalil, en présence du membre du bureau politique du courant du Futur, Mohammad Mrad, du coordinateur général du parti au Akkar, Khaled Taha, de nombreux chefs de tribu de Wadi Khaled, et de présidents de municipalité et de moukhtars de la région de Dreib. Pour l’occasion, ces derniers avaient condamné le rapt de Mohammad Sleiman Ahmad. Faisant fait part de leur solidarité avec la famille de l’otage, ils avaient appelé les autorités « à régler l’affaire et à œuvrer à sa libération, afin d’éviter que n’éclate la discorde et dans un souci de préserver la coexistence ». Ils avaient surtout menacé « de recourir à l’escalade, de fermer des routes et d’organiser des sit-in, au cas où Mohammad Sleiman Ahmad n’est pas libéré ».
Honneurs...
Un déjeuner a même été organisé en l’honneur de l’ex-otage. Hekmat Khalil a ensuite été raccompagné par les dignitaires de Dreib à son village de Aïn el-Zeit. Le président de la municipalité de la localité, Haïtham Hamdane, a remercié tous les dignitaires et quiconque a œuvré à la libération de l’otage alaouite et à son retour dans son village. M. Hamdane n’a pas manqué de saluer cette mesure qui renforce l’unité nationale.
Face à l’impasse, le député Mouïn Meraabi n’avait pas manqué d’attaquer le gouvernement qu’il a tenu pour responsable de ce qui se passe dans le Akkar et plus précisément des agressions syriennes en territoire libanais et du rapt de Mohammad Sleiman Ahmad, « qui se trouve à Tartous, chez les chabbiha du régime d’Assad ». Il avait estimé que ce gouvernement s’abstient de tout règlement sérieux.

