M. Geagea a insisté sur le fait que l’appel au dialogue est, d’une certaine façon, destiné à « tirer d’embarras » le 8 Mars, qui a de moins en moins prise sur les événements.
Mais pour tirer le Liban du pourrissement politique qui se généralise, ce n’est pas le dialogue qu’il faut, mais la formation d’un cabinet de technocrates, a-t-il estimé.
Pour M. Geagea, la conférence nationale de dialogue ne donnera rien, parce que ni la Syrie, qui se veut un acteur interne, ni le Hezbollah « ne sont prêts à y participer ».
« Si tous les participants au dialogue étaient libanais, nous y aurions souscrits », a noté le chef des Forces libanaises. « Mais, a-t-il ajouté, nous nous réunissons alors qu’il y a neuf personnes enlevées au Akkar, et que les responsables du Hezbollah répètent qu’il ne saurait céder ses armes ou en laisser le contrôle à l’armée. »
Après avoir passé en revue toutes les péripéties marquant le dialogue national depuis 2006, M. Geagea a insisté sur le fait que le boycottage du dialogue « ne vise pas la présidence », et que le chef de l’État est dans une situation peu enviable où il tente tout pour sortir de l’immobilisme.
« Nous ne participons pas au dialogue pour des raisons de principe, et pas du tout pour des raisons personnelles », a-t-il lancé.
« Du reste, a noté M. Geagea, le boycottage du dialogue national par les FL ne paralyse pas le dialogue, pour qu’on nous en fasse assumer les conséquences, en cas de dérapage. » Et d’appeler de tous ses vœux au succès de la conférence, même s’il doit en assumer les conséquences et constater que son pari était perdant.
Le pire gouvernement qui soit
M. Geagea a répété que le gouvernement Mikati « est l’un des pires que le Liban ait connu, sinon le pire », et a souligné que l’absence de décision claire du Conseil des ministres de déployer l’armée à Tripoli s’explique par le fait que « la Syrie ne veut pas de ce déploiement, pour garder vulnérable le territoire libanais et y transposer sa crise ».
Par contre, il a réfuté l’idée que ce sont les groupuscules salafistes qui empêchent l’armée de se déployer, estimant que ces groupes ne sauraient tenir tête à la troupe, si la décision de les neutraliser est prise.
M. Geagea a par ailleurs affirmé que les Arabes se méfient de ce gouvernement et y a vu l’explication de la décision de plusieurs d’entre eux, bientôt suivis de la Jordanie, de conseiller à leurs ressortissants de quitter le pays.
Pour conclure, M. Geagea a affirmé que les relations des FL avec Bkerké connaîtront, dans les deux semaines, un assainissement. « Le patriarche n’est pas celui du 8 Mars, mais nous devons nous entendre avec lui sur certaines questions stratégiques », a-t-il dit.
Sur les rapports des FL avec le courant du Futur, M. Geagea a affirmé que « cette alliance va plus loin que la politique et touche à la convivialité ».
Sur la Syrie, M. Geagea a considéré que le régime contrôle de moins en moins son territoire. Dans les milieux diplomatiques, a-t-il dit, on pense de plus en plus à un règlement à la yéménite, mais on n’a pas encore trouvé la personnalité qui peut faire l’affaire.

