L’ambassadeur iranien à l’AIEA Ali Asghar Soltanieh lors du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, réuni à huis clos jusqu’à demain. Herwig Prammer/Reuters
L’enjeu consiste pour les parties à mettre la dernière main à un accord-cadre visant à vérifier la nature du programme nucléaire iranien. Washington s’est d’ores et déjà déclaré sceptique sur l’issue de la réunion. « J’espère bien sûr qu’un accord sera conclu mais je ne suis pas sûr que l’Iran soit prêt », a ainsi indiqué le chargé d’affaires américain auprès de l’AIEA Robert Wood. L’Union européenne (UE) a pour sa part appelé l’Iran à signer cet accord « sans autre délai ». « Je suis toujours optimiste », a déclaré hier de son côté M. Soltanieh à des journalistes en marge du Conseil des gouverneurs. « J’espère que (...) les deux parties seront en mesure de trouver un dénominateur commun », a-t-il ajouté. Toutefois, le négociateur iranien Saïd Jalili, cité hier par l’agence officielle IRNA, a déclaré que l’Iran « doute de la volonté » des grandes puissances de parvenir à un accord sur la question nucléaire lors des prochaines négociations à Moscou.
Coup de pouce
À la mi-mai, des consultations encourageantes avaient déjà eu lieu à Vienne, suivies d’un voyage éclair de Yukiya Amano. À son retour le 22 mai, il avait proclamé la signature très prochaine d’un accord avec l’Iran, mais les choses ont semblé se tasser depuis, l’Iran montrant, selon des diplomates occidentaux, peu d’empressement à parapher un texte.
Les grandes puissances soupçonnent l’Iran de vouloir développer l’arme nucléaire sous couvert de son programme civil, ce que le pays dément formellement. Israël évoque régulièrement des frappes préventives pour retarder le programme. Dans un rapport en novembre, l’AIEA avait publié un catalogue d’éléments présentés comme « crédibles » indiquant que la République islamique avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique avant 2003, et peut-être ensuite. L’AIEA veut donc obtenir une réponse à toutes les questions soulevées dans ce rapport, et l’accord sur une « approche structurée » doit permettre de définir un cadre de vérification pour ses inspecteurs, qui veulent accéder à tous les sites, documents ou individus susceptibles de les aider dans leur enquête. Une visite du site militaire de Parchin près de Téhéran, réclamée depuis des mois par l’agence, doit être incluse dans ce document. Le temps presse aux yeux de l’AIEA car elle craint que l’Iran ne soit en train de nettoyer le bâtiment qui l’intéresse et ses alentours.
La conclusion d’un accord avec l’AIEA apporterait un coup de pouce au processus diplomatique avant la reprise des discussions avec le Groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) les 18 et 19 juin à Moscou. À Bagdad fin mai, les parties s’étaient séparées sur un constat de profondes divergences, notamment sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium à 20 % qui rapproche l’Iran du niveau nécessaire à la fabrication de la bombe (90 %). À défaut de progrès à Moscou, un embargo européen sur le pétrole iranien sera mis en œuvre dès le 1er juillet. Et le quotidien israélien Haaretz avait affirmé lundi qu’Israël et les États-Unis discutaient d’un nouveau train de sanctions contre l’Iran en cas d’échec des prochaines négociations. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé pour sa part hier à Pékin que de nouvelles sanctions seraient « totalement contre-productives ».
(Source : agences)

